Agacé par les critiques d’intellectuels et d’associations, Emmanuel Macron a vigoureusement défendu mardi à Calais sa politique migratoire qui veut conjuguer le « devoir d’humanité » et l' »ordre républicain ».

Au cours d’une longue journée, le président est allé au contact de tous les acteurs -migrants, élus, associations- de cette « crise migratoire » dont Calais est la ville symbole depuis 20 ans.

Revendiquant « un discours de vérité », Emmanuel Macron a averti les migrants que « rester à Calais » dans l’espoir de traverser la Manche constituait « une impasse » car « chacun doit le savoir, tout est fait pour que le passage illégal vers le Royaume-Uni ne soit pas possible ». « L’ordre républicain vaut pour tout le monde », a-t-il affirmé aux côtés de quatre ministres, dont Gérard Collomb (Intérieur) et Nicole Belloubet (Justice).

Il a aussi prévenu qu' »en aucun cas » l’Etat « ne laissera se reconstituer une +Jungle+« , semblable à celle qui a rassemblé jusqu’à 8.000 migrants avant d’être démantelée en 2016.

A VOIR : Macron ne laisserait pas se « reconstituer une jungle » à Calais

Depuis, le nombre de migrants a fortement baissé: entre 350 et 500 d’entre eux sont aujourd’hui présents à Calais, essentiellement venus de la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée) et d’Afghanistan, selon l’Etat.

Alors que le président prononçait son discours devant les forces de l’ordre, des dizaines de migrants patientaient à un point de distribution de l’association Salam près du terminal des ferries du premier port de passagers d’Europe. La plupart d’entre eux avaient passé la nuit dans le froid sous des tentes dans les bois.

Un groupe d’Ethiopiens a témoigné des opérations policières menées la nuit. « Ils gazent les tentes pendant qu’on dort. Ils prennent les tentes, les sacs de couchage, même les médicaments donnés à l’hôpital », raconte Dawit, 21 ans.

« Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques ou confisquent les effets personnels » des migrants, ou « utilisent des gaz lacrymogènes sur les points d’eau », a déclaré Emmanuel Macron, en avertissant cependant que « si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné ». « Vous devez être exemplaires », a-t-il lancé aux forces de l’ordre du Calaisis, qui recevront une « prime exceptionnelle de résultat » en 2018.

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