Un tribunal saoudien a condamné à de lourdes peines de prison deux défenseurs des droits de l’Homme, a dénoncé aujourd’hui Amnesty International qui réclame leur libération.

Mohammed al-Otaibi et Abdallah al-Attawi ont été condamnés respectivement à 14 et sept ans de prison, indique dans un communiqué l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à Londres. « Ces condamnations sévères (…) viennent confirmer nos craintes que le nouveau leadership de Mohammed ben Salmane (le prince héritier, ndlr) est déterminé à museler la société civile et les défenseurs des droits de l’Homme dans le royaume », a déclaré Samah Hadid, directrice des campagnes pour le Moyen-Orient à Amnesty.

« La répression envers les membres de la communauté des droits de l’Homme s’est poursuivie sans relâche, avec désormais presque tous les défenseurs des droits de l’Homme les plus connus derrière les barreaux », a-t-elle ajouté. MM. Otaibi et Attawi ont été notamment accusés d’avoir essayé de monter l’opinion publique contre les autorités en publiant des communiqués portant atteinte à l’image du royaume, à son système judiciaire et à ses agences de sécurité, selon Amnesty.

M. Otaibi, 49 ans, avait fui en mars 2017 au Qatar après avoir été obligé de comparaître devant une cour antiterroriste de son pays pour des accusations liées à son militantisme. Le Qatar l’avait extradé deux mois plus tard vers le royaume, peu avant que n’éclate une profonde crise entre les deux pays. Il avait cofondé en 2013 Union for Human Rights à Ryad. Les autorités saoudiennes avaient ordonné la fermeture de cette organisation, mais M. Otaibi avait poursuivi ses activités.

« Si (…) Mohammed ben Salmane a réellement l’intention d’adopter des réformes en Arabie saoudite, il doit garantir la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers de conscience, dont les défenseurs des droits de l’Homme, détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits », a déclaré Mme Hadid. Une série de réformes sociétales et économiques, comme le droit de conduire pour les femmes, ont été annoncées ces derniers mois dans ce pays ultraconservateur sous l’impulsion de Mohammed ben Salmane, véritable homme fort du royaume.

Mais des militants des droits de l’Homme soulignent que, dans le même temps, les interpellations de dissidents continuent, certains voyant dans le prince héritier un homme autoritaire et impulsif.

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