Julio Borges, leader du congrès contrôlé par l’opposition, a appelé les militaires à ” rompre le silence », ajoutant que « l’immense majorité des officiers sont contre le chaos qui s’installe au Venezuela ».

Écrivant dans le Washington Post, le professeur de droit Ozan Varol déclarait: « L’armée vénézuélienne est la digue qui garde le mouvement démocratique à distance pour protéger le régime Maduro. Le courant démocratique ne peut déborder sur les rives seulement si l’armée craque ».

Mais de nombreux analystes politiques disent qu’un coup d’état est improbable à cause d’une alliance de plus en plus mutuellement bénéfique entre le gouvernement Maduro et l’armée. Alors que l’on voit la pire crise économique du pays dans l’histoire moderne et des élections qui montrent que la grande majorité des Vénézuéliens veulent voir partir le Président, ils disent que les forces armées ont aidé Maduro à garder son poste en échange d’une liste étendue d’avantages économiques.

Ricardo Sucre, un expert militaire et ancien officier de marine, déclare que depuis que Hugo Chavez a introduit la révolution socialiste au Venezuela en 1999, le gouvernement a promu une prétendue union civilo-militaire dans laquelle les troupes et les officiers s’impliquent dans tout les aspects du développement national.

Ancien parachutiste de l’armée, Chavez était resté profondément impliqué dans les affaires militaires pendant ses 14 années au pouvoir, influent sur tout, depuis les promotions jusqu’à la couleur des uniformes.

Maduro – ancien conducteur de bus et responsable syndical – n’a aucun lien avec les forces armées, pourtant le partenariat civilo-militaire s’est accru depuis qu’il a été élu président à la suite du décès de Chavez dû à un cancer.

D’une part, le parti socialiste au pouvoir était largement organisé autour de Chávez. Sous Maduro, le parti a manqué de structure et de commandement et les forces armées ont comblé le vide du pouvoir, explique Rafael Uzcategui, qui dirige Provea, le groupe de défense des droits de l’homme à Caracas .

Et alors que grandit l’agitation, Maduro se fie à présent aux forces armées pour le protéger en réprimant les manifestations de rue, comme le dit Phil Gunson, basé à Caracas pour le Groupe International de Crises.

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