Le président américain estime que les échanges commerciaux transatlantiques souffrent d’un grave déséquilibre.

Dans un entretien à la chaîne de télévision britannique ITV qui devait être diffusé dimanche soir, Donald Trump s’en est pris à l’Union européenne, estimant que Bruxelles traitait les États-Unis de manière «très injuste» dans leurs relations commerciales, et l’a menacée à demi-mot de représailles.

«J’ai beaucoup de problèmes avec l’Union européenne et cela pourrait se transformer en quelque chose de très gros de ce point de vue, du point de vue du commerce», déclare le président américain . «Nous ne pouvons faire entrer nos produits. C’est très, très dur. Et pourtant, elle envoie ses produits chez nous: pas de taxes, très peu de taxes. C’est très injuste», ajoute-t-il. «Elle n’est pas la seule, d’ailleurs. Je pourrais nommer beaucoup de pays et d’endroits qui le font. Mais l’Union européenne est très, très injuste envers les États-Unis. Et à mon avis, cela va vraiment se retourner contre elle.»

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Élu sur un programme aux accents protectionnistes («America First»), se targuant de vouloir protéger les travailleurs et entreprises américains, Donald Trump a régulièrement accusé des pays étrangers de pratiques commerciales déloyales, dont la Chine, principal partenaire commercial des États-Unis. L’administration américaine a ainsi instauré la semaine dernière des «droits de sauvegarde» sur des panneaux solaires importés de Chine, mais aussi sur les grandes machines à laver fabriquées en Chine, en Corée du Sud, au Mexique, en Thaïlande et au Vietnam. En Europe, le président américain a croisé le fer avec l’Allemagne, dont il juge l’excédent commercial avec les États-Unis excessif. Il a notamment menacé d’instaurer des taxes douanières en représailles pour réduire le déséquilibre.

Interrogé sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, Donald Trump a dit qu’il se serait montré «plus ferme» que la Première ministre britannique dans les négociations avec Bruxelles. «Non, je ne le négocierais pas comme c’est négocié», a répondu M. Trump à la question de savoir si Theresa May était «bien positionnée» dans les négociations sur le Brexit. «J’aurais dit que l’Union européenne n’est pas aussi bien que ce qu’elle est censée être», a-t-il ajouté. «J’aurais adopté une position plus ferme sur le retrait» de l’Union européenne. En janvier 2017, le milliardaire républicain avait estimé que le Royaume-Uni avait eu «bien raison» de quitter une UE selon lui dominée par l’Allemagne, prédisant que le Brexit serait un «succès» et que le bloc européen continuerait à se fragmenter.