Le Kremlin réunit mardi dans la station balnéaire russe de Sotchi des représentants de la société civile et politique syrienne.

Le « Congrès du dialogue national syrien » s’ouvre mardi 30 janvier dans la station balnéaire de Sotchi, en Russie. À l’initiative de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, cette grande conférence pour la paix en Syrie doit réunir plus de 1 500 représentants de la société civile et politique syrienne. Son objectif : mettre en place nouvelle Constitution syrienne, après près de sept ans de guerre civile.

Les délégations de « rebelles modérés » sont arrivées lundi. L’échec des discussions organisées à Vienne jeudi et vendredi derniers, sous l’égide de l’ONU, ont découragé certains invités.

Un avion affrétant des rebelles au régime de Bachar al-Assad soutenus par Washington, ainsi que des membres de l’Armée syrienne libre, aurait atterri lundi soir à Sotchi.

 « C’était le dernier espoir pour les Russes d’avoir de vrais opposants à Sotchi. Mais ces rebelles auraient exigé qu’on change le logo de la conférence où il y avait le drapeau syrien, emblème de Bachar al-Assad, et ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord avec les Russes », précisent les médias.

Face à l’échec annoncé de ce congrès, il était donc important pour la diplomatie russe d’avoir le soutien de l’ONU. L’émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, doit participer à ces réunions, mais à la condition que le processus de paix de Sotchi n’aille pas à l’encontre de ceux de Genève, organisés sous l’égide des Nations Unies.

Les Occidentaux se sont d’ailleurs montrés sceptiques quant à cette initiative russe. Ils craignent justement qu’elle n’affaiblisse les discussions de Genève et ne vise qu’à obtenir un accord de paix avantageant le régime de Damas, qui a déjà repris l’avantage sur le terrain grâce aux soutiens militaires russe et iranien. Les États-Unis et la France ont donc fait savoir qu’ils n’enverraient pas d’observateurs à Sotchi.

La Russie ne parle pas du tout du départ de Bachar al-Assad. Ce qu’elle veut, c’est organiser des élections en Syrie. À l’instar des rebelles syriens modérés, considérés comme plus conciliants avec le régime : « Si Assad reste au pouvoir, nous devons faire en sorte qu’il ait moins de prérogatives et que le Parlement en ait d’avantage », résume Mahmoud Alafandi, représentant du groupe d’Astana, où se sont déjà tenus des pourparlers sous l’égide de Moscou. Une proposition qui ne fera, en aucun cas, l’unanimité, et qui confirme l’impasse dans laquelle se trouve le règlement politique de ce conflit, qui a fait plus de 340 000 morts depuis 2011.

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