Dans Only a dictator, Baris Atay, plusieurs fois arrêté pour ses positions critiques envers le pouvoir, joue un dictateur en proie à un conflit intérieur.

« Si nous étions en dictature, vous ne pourriez pas regarder cette pièce ». En 2015, l’acteur turc Baris Atay, connu pour ses positions anti-Erdogan, préférait ironiser auprès de ses spectateurs sur le risque d’une censure politique de sa pièce « Only a dictator ». Trois ans plus tard, la plaisanterie a pris tout son sens, alors que les autorités ont fini par interdire toute représentation du spectacle dans plusieurs villes du pays, rapporte le média allemand Deutsche Welle.

Écrite par Onur Orhan et interprétée par un célèbre comédien, Baris Atay, la pièce s’est vu interdire toute représentation à Ankara, Artvin, Hopa, ou encore à Kadikoy, un quartier d’Istanbul. La première représentation avait été interdite le 19 janvier.

Selon les autorités, la représentation pourrait constituer une menace de trouble à l’ordre public et à la sécurité. Et de nombreux partisans de l’AKP, le parti présidentiel, avaient manifesté leur colère quant au contenu de la pièce. Dans un long monologue, Boris Atay y interprète un dictateur en proie à un conflit intérieur, tandis que sont entendus au loin des cris de protestation d’une foule en colère. S’il n’y cite pas Erdogan, plusieurs références sont faites à la situation politique en Turquie.

« Cette décision signifie que notre président est un dictateur »

Baris Atay est notamment connu pour son engagement politique et ses provocations. L’année dernière, rappelle Deutsche Welle, l’artiste avait été jugé coupable d’insulte au président après la publication d’un article intitulé « Hey Erdogan ».

Et la censure de son spectacle ne devrait pas pousser l’artiste au silence. « Reconnaissez-vous que cette décision signifie que notre président est un dictateur? », a demandé Baris Atay aux forces de l’ordre venues l’avertir de l’annulation des représentations.

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