Le ministre de la Défense du Brésil Raul Jungmann a évoqué mercredi une « faillite » du système de sécurité du pays, en proie depuis plusieurs mois à des épisodes de violence qui ont choqué la population.

« Le système en vigueur est en faillite. Ce que nous vivons aujourd’hui est le résultat de cette faillite, mais aussi de nombreuses autres raisons. Le crime s’est nationalisé, voire internationalisé », a affirmé le ministre à Rio de Janeiro, lors d’une conférence sur l’avenir de la police. Mercredi, des échanges de tirs nourris entre policiers et narcotrafiquants ont semé la terreur dans la favela de Cidade de Deus (Cité de Dieu), rendue célèbre par le film éponyme de Fernando Meirelles.

En raison de ces affrontements, la Linha Amarela (ligne jaune), une des principales artères menant à l’aéroport international, a été bloquée par les forces de l’ordre à plusieurs reprises dans la matinée, causant des embouteillages monstres. Selon la police militaire, trois suspects ont été tués, dont un des chefs du trafic de drogue local. L’Etat de Rio traverse un grave crise financière depuis bientôt deux ans et les fonctionnaires sont souvent payés avec des mois de retard, y compris les policiers.

« La crise a une influence, dans le sens où nous manquons de moyens à consacrer à la sécurité », a ajouté M. Jungmann. Les problèmes de violence touchent aussi d’autres États du Brésil : samedi, 14 personnes ont été tuées lors d’une fusillade dans un bal populaire au Ceará (nord-est). Ce massacre a été attribué par les médias locaux à un règlement de compte entre narcotrafiquants. Deux jours plus tard, dix personnes sont mortes lors d’un affrontement entre détenus de factions rivales près de Fortaleza.

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