Stalingrad (aujourd’hui – Volgograd) et la France sont liées d’une histoire intéressante. Il suffirait de dire que la ville sur la Volga est décorée par la République Française – cas assez rare – de l’ordre de la Légion d’honneur.

Les habitants de la ville, les citoyens des pays voisins viennent de célébrer le 75ème anniversaire de la fin de la bataille à 200 jours et nuits – celle de Stalingrad. Notre lectrice permanente Monique Gimenez a partagé ses sentiments envers l’événement avec notre rédaction (texte présenté sans corrections).

La bataille de Stalingrad représente à mes yeux un grand symbole : celui de la victoire sur le fascisme. Ce fut une bataille dantesque qui, dans les premiers temps, a permis à l’armée allemande d’enfoncer les lignes soviétiques, aidée en cela par l’aviation qui a entrepris la destruction de la ville. Assez rapidement, l’armée allemande occupa 90 % de la ville, ce qui fit dire à Hitler que le russe était fini, qu’il suffisait de donner un grand coup de pied dans la porte, que la maison Russie s’écroulerait, que plus aucun bateau ne remonterait la Volga. Il avait même fait frapper une médaille pour commémorer cette victoire et fait placarder des affiches dans tous les pays occupés.

Partant de là, ses officiers voulaient le persuader d’accélérer le mouvement, mais Hitler considérait qu’il n’y avait pas lieu de se presser, parce qu’il ne voulait pas faire de Stalingrad un nouveau Verdun. Or, ces 10 % de la ville qu’Hitler méprisait et qui résistaient, ce sont eux qui vont provoquer un nouveau Verdun et qui vont faire la différence, c’était hallucinant, on se battait pour chaque pierre, chaque escalier, chaque étage comme la maison Pavlov.

Staline avait prédit que bientôt on dansera dans les rues, or chacun se demandait ce que cela voulait dire. En fait, dans le plus grand des secrets se préparait l’opération Uranus qui allait permettre dans un premier temps d’enfoncer le flanc nord composé d’unités roumaines et italiennes. Les réserves allemandes furent incapables de résister aux unités mécanisées soviétiques, et la 6ème armée ne réagit pas suffisamment vite pour retirer les unités blindées de Stalingrad et les envoyer pour éviter une défaite imminente.

Le 22 novembre 1942, les forces soviétiques firent leur jonction à Kalatch-na-Donou. Malgré les demandes répétées auprès d’Hitler pour faire évacuer la 6ème armée, il refusa ce qui la condamna. Goering avait assuré qu’il pouvait la ravitailler en organisant un pont aérien, mais la DCA soviétique était intraitable et les avions allemands ne furent jamais en capacité d’assurer le ravitaillement prévu. Le problème pour Von Paulus, ce n’était pas un homme de terrain, il était indécis, en plus il y avait des milliers de soldats allemands blessés, il n’avait pas assez d’essence pour tenter une percée, donc c’était la fin. Hitler décréta 3 jours de deuil en Allemagne.

Dans un excellent documentaire français sur cette bataille que je regarde régulièrement, et qui date de 1975, il y a des témoignages exceptionnels des principaux officiers soviétiques comme Joukov, Tchouïkov, Rokossovsky, Choumilov qui a mené l’interrogatoire de Von Paulus, Ludnikov qui, avec son unité, combattait dos à la Volga, et qui a dit en substance d’une façon très imagée : « il y a une ligne de chemin de fer, et quand les allemands avancent, chaque soldat russe prend un rail entre ses dents et de cette façon, ne peut pas reculer, c’est comme ça qu’on défend notre terre ». J’ai trouvé cette métaphore magnifique, qui démontre bien que le soldat russe est prêt à tout pour défendre sa terre. C’est une manière pour moi de dire, au travers de ce que je viens d’écrire, que la bataille de Stalingrad est inoubliable et qu’elle a démontré que l’armée allemande n’était pas invincible, ce qui a eu également un impact immense sur les mouvements de résistance dans les pays occupés, et ce qui a également obligé les anglo-saxons à ouvrir le second front tant réclamé pat Staline.

J’ai également visionné le Stalingrad de Yuri Ozerov, qui a été soldat de 2eme classe à Stalingrad et qui a fini Major en 45. Quoi de mieux un film sur cette bataille réalisé par un des acteurs, et qui reprend les épisodes les plus importants de cette bataille. Ce film est phénoménal avec des scènes de combats époustouflantes. Il a également réalisé tout un opus « Libération » qui va de Koursk à Berlin. Un travail dantesque avec des acteurs dont certains ressemblent traits pour traits aux originaux. C’est remarquable.

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