Gilles Debove, policier syndiqué en fonction à Calais depuis 18 ans, affirme que les réseaux de passeurs sont « des organisations mafieuses », donc « forcément armées ».

Au lendemain du plus violent affrontement entre migrants jamais survenu à Calais, qui a notamment vu s’affronter des Afghans et des Érythréens, le ministère de l’Intérieur a dénoncé vendredi le rôle des réseaux de passeurs. Pour Gilles Debove, policier à Calais depuis 18 ans et délégué syndical SGP-Police-FO, ces rixes sont effectivement le fait de passeurs qui déclenchent une « guerre de territoire ». « Une rixe peut éclater pour le vol d’un tube de dentifrice ou d’un portable. Il y aussi des guerres de territoires, qui font en sorte de faire éclater des rixes à n’importe quel moment, en général lors de la distribution de repas », a déclaré dans Europe Soir Gilles Debove.

Des mafias armées. Selon lui, les « plus grosses mafias de passeurs » présentes à Calais sont essentiellement kurdes ou afghanes. Et la police n’a pas de preuve de l’existence de réseaux érythréens ou éthiopiens « car ces gens n’ont pas d’argent », dit-il. Ces mafias « sont armées au même titre qu’il peut y avoir des trafics souterrains de vente d’armes dans les banlieues parisiennes ou marseillaises. On sait qu’il y a un marché sous-terrain qui provient des pays de l’Est. Ce sont des organisations mafieuses donc forcément elles sont armées », ajoute Gilles Debove.

24 filières démantelées l’année dernière. D’ailleurs, le policier affirme que des collègues ont déjà essuyé des tirs, comme l’année dernière en septembre. Ces réseaux de passeurs semblent grossir à Calais depuis quelques années à en croire les chiffres communiqués par Gilles Debose : « On était à 15 démantèlements de filières en 2015, 20 en 2016 et 24 en 2017. » Le prix des passages peut aller de 3.000 à 20.000 euros depuis Calais vers la Grande-Bretagne.

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