Implantée depuis 2010 à Paris avec ses «Pouchkinettes», la maison Dellos a lancé en novembre dernier son restaurant Café Pouchkine, place de la Madeleine, à Paris.

Entre traditions russes revisitées et décor somptueux, Sputnik est allé à la découverte des lieux. Visite guidée.

«Elle parlait en phrases sobres de la révolution d’octobre, je pensais déjà qu’après le tombeau de Lénine, on irait au café Pouchkine boire un chocolat.»

Alors que le Café Pouchkine à Moscou n’existait que dans la chanson de Gilbert Bécaud Nathalie, Andrey Dellos a décidé de lui donner vie. Un hommage à cette célèbre chanson, mais également au grand poète, romancier et dramaturge russe Alexandre Pouchkine.

Clin d’œil de l’histoire, le café Pouchkine a ouvert ses portes le jour de la commémoration du bicentenaire de la naissance de l’écrivain… le 6 juin 1999! Depuis cette date, le restaurant moscovite connaît un succès qui ne se dément pas. Une renommée sur laquelle l’entrepreneur Andrey Dellos a capitalisé en ouvrant sa première «Pouchkinette», une boutique proposant des pâtisseries traditionnelles russes, à Paris en 2010.

En novembre dernier, Andrey Dellos décide de transformer l’essai et transpose son restaurant «Café Pouchkine» de Moscou… à Paris, place de la Madeleine. Un choix qui s’est fait naturellement, comme nous explique Stéphane Jitiaux, PDG international du groupe.

«Il nous fallait une vitrine sur le monde, Paris était bien connu de Monsieur Dellos, son père était Français, donc il a cette double culture franco-russe. Paris nous est donc apparue comme étant la ville sur laquelle il valait mieux ouvrir.»

Un décor majestueux

Tout a été mis en œuvre afin de créer une atmosphère différente des restaurants alentour. Divisé en plusieurs salons (Pavlovsk, Catherine II ou encore Madeleine) répartis sur deux étages, le café Pouchkine a soigné la décoration intérieure, un savant mélange entre les styles Catherine II et Louis XVI. La décoration intérieure mise sur les ors, les colonnes corinthiennes et les antiquités (lustres, sculptures, objets d’art…), chinés spécialement par Andrey Dellos. «L’écrin est très important, c’est ce qui va refléter l’image et entretenir la légende historique du Café Pouchkine» comme le rappelle Stéphane Jitiaux.

À l’instar de la décoration intérieure, on retrouve ce mélange des cultures russes et françaises dans les mets proposés telles que la Pavlova (ballerine russe) ou la Matriochka (poupée russe). Des pâtisseries revisitées et incarnées par la chef Nina Métayer, une Française qui a des origines russes de par sa grand-mère. Un mélange de cultures nécessaire afin de satisfaire tant la clientèle parisienne que russe, comme nous l’explique Stéphane Jitiaux.

«Au-delà de la communauté russe, qui doit retrouver le plat typique russe comme elle pourrait le trouver à Café Pouchkine Moscou, certains plats purement moscovites ne plairaient pas forcément à la clientèle française. Il a fallu créer des adaptations […], mais toujours avec ce mix des deux cultures.»

Le café Pouchkine s’est associé avec les équipes de Ducasse Conseil «pour être certain d’avoir les meilleurs fournisseurs». Malgré cette quête d’excellence, le restaurant propose ses plats et pâtisseries à des tarifs raisonnables, au vu du cadre…

«Le but d’ouvrir ce café Pouchkine Place de la Madeleine, ce n’était pas devenir richissime et gagner beaucoup d’argent avec ce restaurant. On mange ici pour le même prix qu’une brasserie parisienne, mais dans un cadre totalement différent», explique le PDG.

Il faut dire que l’emplacement draine un grand nombre de visiteurs quotidiens, notamment des touristes, ce qui permet au restaurant de se rattraper sur les volumes… Armez-vous de patience si vous souhaitez déguster quelques spécialités russes.

Un concept qui s’exporte

En tout cas, le succès du Café Pouchkine en France ne se dément pas, avec ses trois «Pouchkinettes» situées boulevard Hausmann, au Caroussel du Louvre et dans le Sentier. De prochaines ouvertures sont d’ailleurs prévues au Moyen-Orient.

«Nous avons signé deux contrats de licence puisque la marque est très demandée. Un avec Riyad, en Arabie saoudite, un autre avec le Qatar […] Nous allons ouvrir à Dubaï, puis au Koweït. Bien évidemment en parallèle, nous menons nos discussions de travaux sur des jalons européens et l’Australie.»

Malgré cet engouement, la maison Dellos souhaite maîtriser son image de marque.

«Nous refusons énormément de demandes de licences, parce que l’on préfère réaliser les choses à notre rythme pour bien les faire, comme on a essayé de le faire ici [à Paris, ndlr]» conclut Stéphane Jitiaux.

 

 

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