Emmanuel Macron effectue, à partir de ce mardi 6 février 2018, un déplacement de deux jours en Corse, le premier depuis son élection.

Le président français arrive sur l’île de beauté alors que les revendications sont fortes. Depuis la victoire des nationalistes aux élections, en décembre, ce qui leur a permis de prendre la tête de la nouvelle collectivité territoriale unique, les négociations sont engagées avec le gouvernement. Objectif des nouveaux élus : faire reconnaître la spécificité corse.

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les deux leaders nationalistes qui sont à la tête de la nouvelle collectivité unique, ont planté le décor en appelant les Corses à manifester trois jours avant l’arrivée du président de la République sur l’île. Mécontents du résultat de leurs entretiens avec le Premier ministre et le président du Sénat, en janvier à Paris, ils ont voulu envoyer un message pour montrer qu’ils bénéficient du soutien populaire et ont réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues d’Ajaccio.

Le député corse Michel Castellani insiste sur ce point : « Je constate qu’il y a une prise de position très nette de l’opinion en Corse. Les votes répétés de la Corse depuis la municipale de Bastia jusqu’aux dernières [élections] en décembre ont tous été orientés dans le même sens. L’opinion nous suit, nous demande, l’opinion est derrière ce programme de reconnaissance du fait particulier de la Corse. »

Dans ce contexte, Emmanuel Macron n’a pas choisi n’importe quelle date pour se rendre en Corse. Il vient avant tout commémorer le vingtième anniversaire de l’assassinat du préfet Claude Erignac. Et c’est en soi un message. Emmanuel Macron veut par cet hommage rappeler le caractère inacceptable d’un tel acte contre un représentant de la République.

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