Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à retrancher le mot « Turquie » du nom de certaines associations, comme l’Union des médecins de Turquie (TTB), auxquelles ils reproche d’avoir critiqué l’opération militaire menée en Syrie.

« Il faut rapidement retirer ce terme », a déclaré M. Erdogan, selon des propos rapportés par l’agence étatique Anadolu.

« Ce n’est pas que pour l’Union des médecins, mais aussi pour l’Union des barreaux de Turquie », a-t-il poursuivi. « Parce qu’elles n’ont pas une attitude de soutien à la lutte que nous menons actuellement pour défendre notre patrie, au contraire ».

« Le Conseil des ministres prendra les mesures nécessaires », a ajouté M. Erdogan, répondant à des questions de journalistes.

La TTB a été vivement critiquée par le chef de l’Etat après sa publication il y a deux semaines d’un texte qualifiant la guerre de « problème de santé publique » et se terminant sur l’injonction « Non à la guerre, la paix maintenant et partout ».

Ce texte a été publié après le lancement le 20 janvier par Ankara d’une opération militaire visant à déloger de l’enclave syrienne d’Afrine (nord-ouest) une milice kurde considérée comme « terroriste » par la Turquie, mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Les onze membres de l’instance dirigeante de la TTB avaient été arrêtés, puis remis en liberté conditionnelle, mais sont toujours sous le coup d’une enquête.

Dès le début de l’opération, baptisée « Rameau d’olivier », le président Erdogan a appelé à l’unité nationale et assuré que ceux qui manifesteraient contre l’offensive paieraient un « prix très élevé ».

Depuis le 20 janvier, plus de 550 personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur opposition à l’offensive, que ce soit sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations.

Le président de l’Union des barreaux de Turquie, Metin Feyzioglu, a vivement réagi, expliquant avoir entendu ces déclarations « avec stupéfaction », estimant que M. Erdogan était « mal informé ».

« Ceux qui pensent effacer le mot + Turquie + du nom de l’Union des barreaux de Turquie (…), ne pourront jamais nous effacer du coeur de la nation turque », a ajouté M. Feyzioglu, assurant que l’Union des barreaux de Turquie était aux côtés du peuple et des soldats turcs.

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