En visite officielle en Russie, le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré qu’il ne coopérerait pas avec les États-Unis concernant le processus de paix israélo-palestinien.

Pendant son entretien avec le dirigeant palestinien, le président russe Vladimir Poutine a toutefois laissé entendre qu’il s’opposait au règlement de ce problème sans la participation de Washington.

Mahmoud Abbas a expliqué que la décision de la Palestine était due aux agissements des USA vis-à-vis du statut de Jérusalem, après que le président américain Donald Trump a annoncé son intention d’y faire déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv — reconnaissant ainsi Jérusalem comme capitale d’Israël. De nombreux dirigeants mondiaux sont opposés à cette situation.

Il s’agit de la première visite de Mahmoud Abbas à Moscou cette année, et depuis la décision de Donald Trump.

Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que la Russie considérait Jérusalem-Ouest comme la capitale d’Israël, mais que ce statut ne pourrait être fixé qu’après le règlement de la question relative au statut de la partie Est de la ville que Moscou considère comme la future capitale de la Palestine.

Compte tenu de la situation actuelle, Mahmoud Abbas a suggéré à Vladimir Poutine de réunir une conférence sur le processus de paix au Proche-Orient, qui aiderait à créer un mécanisme où les États-Unis ne seraient pas l’unique médiateur mais feraient partie d’un groupe de médiateurs.

D’après Theodore Karasik, analyste de Gulf State Analytics à Washington, la Russie est actuellement «au premier rang» dans le processus de paix au Proche-Orient. «Mahmoud Abbas a besoin du soutien de Vladimir Poutine pour que le problème de Jérusalem soit réglé», explique l’expert. Et d’ajouter que «la question de Jérusalem rapproche les deux parties».

Selon l’expert, dans ce cas Moscou chercherait un «substitut au quartet raté» (la Russie fait partie du quartet international pour le processus de paix israélo-palestinien avec trois autres médiateurs: l’Onu, l’UE et les USA).

Toutefois, Vladimir Poutine a déclaré à Mahmoud Abbas pendant leur entretien qu’il avait parlé du processus de paix israélo-palestinien avec le président Donald Trump peu de temps avant leur rencontre: «Je voudrais vous transmettre ses meilleurs vœux», a déclaré le président russe au dirigeant palestinien.

Étant donné que durant ce genre de rendez-vous aucune phrase ne peut être prononcée au hasard, elle pourrait être interprétée ainsi: Donald Trump est prêt au dialogue avec Mahmoud Abbas, et Poutine joue le rôle d’intermédiaire.

Cependant la situation se complique par la figure même de Mahmoud Abbas. Le dirigeant palestinien ne fait pas autorité par rapport à Israël parce qu’il ne peut pas adopter de position ferme dans ses relations avec le Hamas.

Ce dernier, qui contrôle la bande de Gaza, est considéré comme un groupe terroriste par Israël. En septembre dernier, le Fatah dirigé par Mahmoud Abbas a conclu une trêve avec le Hamas, mettant fin à une longue période d’hostilité. La situation autour de Jérusalem n’a fait que rapprocher davantage les positions des deux mouvements.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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