En pleine vague de froid, une dizaine d’élus franciliens de tous bords ont passé la nuit de mercredi à jeudi dans les rues de la capitale afin de dénoncer les conditions de vie des sans-abri.

Sacs de couchage, couvertures chaudes et doudounes de rigueur. Ils étaient près d’une trentaine d’élus de Paris et sa banlieue à avoir répondu mercredi soir à l’appel de Mama Sy, conseillère municipale sans étiquette d’Étampes, dans l’Essonne. Alors qu’une vague de froid balaie l’Hexagone depuis bientôt une semaine, la jeune édile avait invité hommes et femmes politiques de tous bords à venir dormir dans les rues de la capitale, comme de vrais sans-abri.

Ce petit monde s’est donc réuni vers 21 heures près des voies ferroviaires de la gare d’Austerlitz. Anne Lebreton, élue LREM du IVe arrondissement de Paris, a amené avec elle deux sacs de couchage, un tapis de sol, et une grosse couverture. «Cette couverture a une histoire. Elle a appartenu à un SDF, Hassan, qui vivait à côté de chez moi pendant plusieurs années. Il me l’a confiée quand il est parti à l’hôpital et il est mort», raconte-t-elle au Figaro. «Aujourd’hui, nous avons fait un coup de communication formidable», se félicite l’adjointe, toutefois «inquiète» des -3 degrés qu’affiche le mercure.

Face à une centaine de journalistes, les élus, qui portent tous une écharpe tricolore en bandoulière, tentent tour à tour de mettre en évidence les conditions de vie difficiles des SDF. «En 2018, en France, 140.000 personnes vivent encore dans la rue. En 2017, 500 personnes y ont perdu la vie à cause du froid ou de la faim. Depuis janvier, en Île-de-France, vingt personnes y sont décédées. C’est scandaleux», s’indigne Mama Sy, également éducatrice spécialisée en Seine-Saint-Denis. Lors d’un précédent comptage, la mairie de Paris a estimé à 3000 le nombre de SDF dans la capitale.

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