Onze mois après le déclenchement des négociations sur le Brexit avec l’Union européenne, Theresa May a prononcé vendredi son discours le plus conciliateur sur l’avenir des relations commerciales du Royaume-Uni avec les 27 pays membres de l’UE.

Theresa May et Donald Tusk 

La première ministre a mis de côté les slogans patriotiques vides de sens pour donner une vision plus détaillée de l’accord que Londres souhaite conclure avec Bruxelles, parallèlement à l’accord de sortie du pays de l’UE.

Certes, beaucoup de points cruciaux permettant une avancée des négociations entre les deux parties demeurent flous – en particulier la nature de la frontière qui séparera l’Irlande du Nord de la République irlandaise – et Mme May n’a pas abandonné l’idée d’un accord sur mesure avec les Vingt-Sept. Mais la chef de l’exécutif britannique a eu l’honnêteté de reconnaître que le Royaume-Uni, comme l’Union européenne, n’obtiendrait «pas exactement ce qu’il veut» au terme de ces négociations.

Au début de son allocution, programmée à Newcastle mais prononcée finalement à Londres à cause des chutes de neige qui paralysent le pays, la leader du gouvernement et du Parti conservateur a énoncé quelques «faits indiscutables» concernant les effets de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. «Nous allons quitter le marché unique européen. La vie ne va plus être la même», a averti Mme May à l’adresse des Britanniques susceptibles d’être toujours dans le déni au sujet des conséquences du Brexit sur la vie économique de leur pays. «Par certains aspects, notre accès au marché européen sera réduit par rapport à ce qu’il est actuellement», a poursuivi Theresa May.

La première ministre a toutefois rejeté avec vigueur l’idée selon laquelle le Royaume-Uni se couperait du continent. Mme May a plaidé en faveur d’«un partenariat douanier» avec les Vingt-Sept, dans le but d’établir «une frontière aussi fluide que possible» avec le continent. Pour ce faire, le Royaume-Uni devra prendre des «engagements contraignants» à l’égard de l’Union européenne. «Nous reconnaissons que cela réduira notre capacité à réduire les normes réglementaires concernant la production de biens industriels. Mais il est de toute façon peu probable que nous souhaitions réduire nos standards», a insisté la première ministre.

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