A peine entrée en vigueur, une loi controversée en Pologne sur la Shoah a servi de fondement vendredi à une première plainte: une organisation a attaqué en justice un site d’information argentin qu’elle accuse de « nuire à la nation polonaise ».

Cette loi, voulue par le président polonais et entrée en vigueur jeudi, prévoit une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison pour ceux qui attribueraient « la responsabilité ou la co-responsabilité de la nation ou de l’Etat polonais pour les crimes commis par le Troisième Reich allemand ».

Elle a provoqué de vives tensions avec Israël et de nombreuses organisations juives à travers le monde, qui reprochent à Varsovie de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs, voire d’empêcher des rescapés juifs de raconter leur expérience.

Une délégation polonaise s’est rendue cette semaine en Israël afin de résoudre la crise déclenchée par la loi.

Les membres de la délégation ont rencontré leurs homologues israéliens jeudi, sous la direction du directeur général du ministère des Affaires étrangères, Yuval Rotem, dans le but d’apaiser les tensions entre les deux pays.

la Ligue polonaise contre la diffamation (RDI) s’est fondée sur ce nouveau texte pour déposer plainte contre le site argentin Pagina 12. Elle estime qu’il a illustré « de manière tendencieuse » un article sur le massacre de Juifs à Jedwabne (nord-est de la Pologne) perpétré en 1941 par leurs voisins polonais, avec une photo d’un groupe de résistants anti-communistes polonais d’après-guerre.

La RDI, proche des conservateurs au pouvoir en Pologne, accuse le journal et son journaliste Federico Pavlovsky de « manipulation, action destinée à nuire à la nation polonaise et à la bonne réputation des soldats polonais ».

« C’est un abus délibéré qui doit confirmer auprès des lecteurs (la thèse de) l’antisémitisme polonais », ajoute la fondation polonaise.

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