Le président slovaque Andrej Kiska a annoncé dimanche qu’il demanderait la formation d’un nouveau gouvernement ou la tenue d’élections anticipées afin de rétablir la confiance ébranlée par l’assassinat d’un journaliste d’investigation et de sa compagne.

Les corps de Jan Kuciak, qui enquêtait sur d’éventuels liens entre des hommes d’affaires italiens opérant en Slovaquie et la mafia, et de sa fiancée Martina Kusnirova ont été découverts il y a une semaine à leur domicile de Velka Maca, à 65 km à l’est de la capitale Bratislava.

Le double assassinat a provoqué la stupeur et des manifestations de colère en Slovaquie, où plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi soir.

L’un des hommes mentionnés dans l’ultime enquête de Kuciak, publiée après sa mort, a entretenu par le passé des liens avec des personnalités qui ont travaillé par la suite avec l’actuel Premier ministre, Robert Fico.

Le président Kiska, qui s’était mêlé au cortège réuni à Bratislava, la capitale, a estimé dans une intervention télévisée qu’il fallait « renouveler la confiance du peuple dans leur Etat ».

« En l’état, je vois deux options », a-t-il ajouté, évoquant d’abord une « reconstruction vaste et fondamentale du gouvernement qui ne polariserait pas la société » ou bien des élections anticipées organisées en même temps que les élections régionales prévues cet automne.

La Constitution slovaque ne donne pas au président le pouvoir de faire tomber le gouvernement, et la tenue d’élections anticipées doit être acceptée par une majorité qualifiée de 60 % des parlementaires.

Robert Fico, qui gouverne à la tête d’une coalition à trois, a rejeté l’initiative présidentielle. Cette démarche est un « déni des résultats d’élections démocratiques », a poursuivi le Premier ministre, dont le parti social-démocrate SMER est associé au parti de centre-droit représentant la communauté hongroise Most-Hid et au Parti national slovaque

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