Moins de trois semaines après l’assassinat en Slovaquie du journaliste Jan Kuciak, le ministre de l’Intérieur a annoncé lundi sa démission pour aider le gouvernement de Bratislava à survivre, alors que des appels à des élections anticipées se multiplient.

Jan Kuciak, tué par balle en février, avait enquêté sur la corruption et des liens présumés entre des hommes politiques slovaques et des hommes d’affaires italiens soupçonnés d’être liés à la mafia calabraise, la ‘Ndrangheta.

Sa mort – et son article publié à titre posthume – ont suscité une vague de manifestations de milliers de personnes contre le gouvernement dans le pays.

Lundi soir, au bout d’une journée d’intenses marchandages, l’un des trois partis de l’hétéroclite coalition gouvernementale issue des législatives de 2016, le Most-Hid (centre droit, formation de la minorité hongroise), s’est prononcé pour un scrutin anticipé.

« C’est la seule solution » pour mettre fin à la crise, a déclaré son chef Bela Bugar.

Cette solution a déjà été admise par un deuxième membre de la coalition, le Parti National Slovaque (SNS, nationaliste), mais fermement refusée par le parti à tendance social-démocrate Smer-SD du Premier ministre Robert Fico.

« Je démissionne du poste de ministre de l’Intérieur et du poste de vice-Premier ministre« , a déclaré Robert Kalinak, lui aussi membre influent du Smer-SD, au cours d’une conférence de presse.

« Je crois que par ce geste je contribuerai à la stabilisation de la situation en Slovaquie« , a-t-il ajouté.

Son départ était demandé tant par l’opposition et à l’occasion d’importantes manifestations de rue que par le Most-Hid, qui en avait fait la condition du maintien de sa participation au gouvernement.

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