Un mot pudique pour décrire des affrontements dramatiques. En Nouvelle-Calédonie, pour évoquer la guérilla qui a opposé il y a trente ans les indépendantistes aux loyalistes, on évoque du bout des lèvres «les événements».


 

Dans cette île française du bout du monde, la mémoire est encore à vif. Chez chacun de ceux qui étaient présents à l’époque, le souvenir de la peur n’est pas loin. À l’approche du référendum d’autodétermination, c’est cette mémoire collective qui remonte à la surface, ravivant les craintes en faisant resurgir les images des barrages, des routes bloquées et de Nouméa paralysé. Et c’est à cette mémoire collective encore traumatisée qu’Emmanuel Macron s’est adressée dès sa descente de l’avion présidentiel, sur le tarmac de l’aéroport de la Tontouta.

Pour le président de la République, ce déplacement de trois jours «sera, d’abord, l’occasion de consacrer des moments importants de notre histoire commune, des moments qui ont pu être parfois douloureux, comme ce que nous aurons à commémorer avec l’anniversaire des 30 ans d’Ouvéa, et des moments dont nous pouvons être fiers, comme les 20 ans des accords de Nouméa». Une «histoire partagée» faite, selon le chef de l’État, «d’ombre et de lumière».

Dans la foulée, il s’est rendu à Nouméa pour une cérémonie d’accueil républicain. Une petite foule s’était massée sur la place de Bir-Hakeim pour l’applaudir et tenter d’obtenir un selfie. Une ambiance plutôt chaleureuse pour entamer ce voyage. Puis le président de la République est allé au Sénat coutumier pour respecter la tradition kanake, offrir le cadeau traditionnel et recevoir également les revendications des indépendantistes sur la décolonisation. Dans la soirée, il a dîné avec l’ensemble des représentants des forces politiques de l’île pour prendre, in situ, la température de l’île en début de son voyage.

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