Emmanuel Macron a appelé samedi les Calédoniens à « ne pas faire reculer l’Histoire », à six mois du référendum sur l’indépendance prévu le 4 novembre, et a souligné que « la France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie », lors d’un discours en clôture de son déplacement sur place.


 

« Il n’appartient qu’à nous tous de ne pas faire reculer l’Histoire, que le choix se fasse dans le calme en gagnant chaque centimètre de paix et de concorde », a déclaré le chef de l’Etat, devant le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les élus, les chefs coutumiers, les représentants de la société civile et les responsables économiques, au théâtre de l’Ile, à Nouméa.

« La France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie », a-t-il insisté, en saluant l’engagement du territoire pour la France libre pendant la Seconde guerre mondiale, mais aussi « parce qu’elle est une part de cette France-monde » et parce qu’elle « a apporté à toute la France des modèles », dont celui « d’accepter toute cette diversité ».

Mais « c’est aux Calédoniens qu’il appartient de le dire, de choisir » lors du référendum sur l’indépendance du 4 novembre, a-t-il ajouté, en assurant qu’il n’entendait pas prendre parti, « pas pour me soustraire à une responsabilité mais parce que ce n’est justement pas ma responsabilité ».

« L’Etat fera tout pour que ce scrutin soit incontestable », a-t-il dit.

Lors de son discours, il a salué la mémoire de toutes les populations, d’Europe, du Pacifique ou d’Asie, qui au fil d’une histoire chahutée sont venues en Nouvelle-Calédonie et constituent aujourd’hui une communauté pluri-culturelle. « C’est cela la Nouvelle-Calédonie, une addition d’histoires souvent tragiques, parfois heureuse ».

Il a toutefois souhaité que ce passé soit « regardé en face, sans déni et sans repentance ».

Emmanuel Macron a notamment reconnu que « le combat des Kanak pour retrouver leur dignité était juste ». « Jamais nous n’oublierons les douleurs de la colonisation et la douleur des Kanak », a-t-il affirmé.

Alors que le vieux clivage pour ou contre l’indépendance continue de structurer la vie politique calédonienne, il a préconisé « d’aborder les mois qui viennent en changeant de conjugaison », pour « conjuguer au futur » et définir « quel avenir nous voulons construire ».

« J’ai appris à vous connaître » pendant ces quelques jours, a-t-il déclaré à son auditoire, « c’est une terre de regards et j’aimerais que ce regard se tourne vers l’avenir ».

Même s’il n’a pas pris position sur le référendum, il a dessiné « l’ambition de la France dans la grande région Indo-pacifique, qui inclut la Nouvelle-Calédonie », « une vision » qu’il « veut porter pour la France et pour vous tous ».

Dans ce cadre, il a fait l’inventaire de toutes les potentialités écologiques et économiques de la Nouvelle-Calédonie, comme le nickel, le tourisme, la bio-diversité et la mer.

Pour le député UDI Les constructifs, Philippe Gomès, Emmanuel Macron « a su trouver les mots justes pour parler de la France et parler de nous et a posé des actes forts » durant son séjour. « Si je dois dire un seul mot, c’est +chapeau président+, il a su parler de manière très sensible de la Nouvelle-Calédonie ».

« Magnifique discours du président de la République: +La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie+ », a salué sur Facebook Sonia Backès, présidente des Républicains Calédoniens, à l’initiative de la marche bleu, blanc, rouge, qui a rassemblé vendredi 4.000 personnes à Nouméa, selon le Haut-commissariat, pour défendre la Nouvelle-Calédonie française.

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