Le président de la République de Turquie a fustigé le fonctionnement actuel de l’Organisation des Nations Unies (ONU) affirmant que l’hypocrisie y a atteint un seuil devenu intolérable.

Erdogan s’exprimait, lundi, à l’occasion de la cérémonie de remise des prix « Rameau d’olivier » de la paix à Istanbul.

Le documentaire « le dernier siècle de Jérusalem » a été diffusé en avant première lors de cet événement.

« L’hypocrisie de la communauté internationale et des institutions internationales censées préserver la paix et la sécurité ont atteint un niveau intolérable.

C’est pour cette raison que nous protestons et disons que le ‘monde est plus grand que cinq' » a lancé le chef de l’Etat turc qui depuis fort longtemps critique le système hégémonique imposé au Conseil de Sécurité par les 5 pays membres permanents.

« Un système où la sécurité de tous les pays du monde est abandonné au gré des intérêts et au bon vouloir de 5 pays ne peut perdurer. A présent, il est plus qu’indispensable de réformer l’ONU » a t-il martelé.

Erdogan a longuement insisté sur la situation en Palestine, plus particulièrement dans la Bande de Gaza où ces dernières semaines, les violences exercées par les forces israéliennes contre des civils palestiniens, sans défense, se sont soldées par la mort de plusieurs d’entres eux dont des journalistes palestiniens.

« Le question de la Palestine et de Jérusalem, n’est pas une cause réservée à un peuple, une région ou une ville. En raison de la cruauté, des massacres et des injustices subis, les Palestiniens sont un symbole pour tous les opprimés de la planète » a répété le président Erdogan.

« Ce qui se passe en Palestine et particulièrement à Jérusalem n’est rien d’autre qu’une tentative de légitimation de la cruauté. La violence exercée ces derniers temps par les autorités israéliennes contre les Palestiniens qui ne font rien d’autre que défendre pacifiquement leurs terres montre que la cruauté s’accroit un peu plus chaque jour.

Le silence et le manque de réactions de la communauté internationale face au meurtre de dizaines de palestiniens démontre qu’aucune population ne sera en sécurité dans l’avenir » a t-il mis en garde.

Il a relevé l’importance de trouver une issue favorable à cette crise dans l’intérêt de l’avenir de toute l’humanité.

« La solution à la question de la Palestine et de Jérusalem sera, sans aucun doute, déterminante pour l’avenir de l’humanité. Si nous réussissons à passer cet examen alors l’humanité pourra regarder l’avenir avec sécurité et espoir. Dans le cas contraire, nous attend un avenir sombre où règne l’oppression et où tous les droits, libertés et valeurs morales seront effacées » a t-il insisté avant d’ajouter :

« Quoi que fassent les autres, la Turquie continuera d’user de ses moyens dans l’intérêt des Palestiniens, des Syriens, de nos frères africains et de l’humanité entière. »

Erdogan a, en outre, encouragé l’engagement des femmes pour la cause palestinienne en félicitant la plateforme Al-Quds très actives dans ce domaine.

« La Plateforme Al-Quds a été créée à l’initiative des femmes. Si les femmes se sont appropriées une question, la moitié du chemin vers le succès est déjà accomplie. La cause palestinienne sera couronnée de succès avec l’engagement des femmes » a t-il assuré.

Le leader turc a également relaté le contenu d’un échange entre lui et Ariel Sharon lors d’une rencontre, du temps ou ce dernier était Premier ministre d’Israël.

« Il a raconté une chose intéressante lors de cette rencontre. Bien sûr, depuis, il a enduré énormément de souffrances. Il a dit cela : ‘Mon plus grand plaisir dans cette vie est de prendre place sur un char pour tuer des Palestiniens ». Pouvez-vous imaginer ? Voici le caractère, la personnalité de ces gens » a t-il fustigé.

Recep Tayyip Erdogan a souhaité mettre en exergue le manque de solidarité des pays développés face aux différentes crises qui frappent des millions de personnes à travers le monde.

Il a affirmé que 31 milliards de dollars US ont été dépensés par la Turquie pour venir en aide aux Syriens fuyant la guerre.

« Pourquoi, pensez-vous que des pays dix fois plus puissant que nous, économiquement et militairement, se retrouvent derrière nous en matière d’aides humanitaires ? Car l’aide humanitaire nécessite une morale et un désintéressement, elle ne rapporte ni argent, ni pétrole, ni or, ni puissance politique. Eux se rendent là où ils trouveront des diamants, de l’or, du pétrole » a t-il conclu.

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