Les Européens « feront tout » pour que Téhéran respecte l’accord sur le nucléaire iranien, a déclaré mercredi la chancelière allemande, peu après que le guide suprême iranien a exigé des garanties en réponse au retrait américain.

« Nous allons respecter l’accord et nous ferons tout pour que l’Iran se tienne à ses obligations », a dit Angela Merkel au lendemain de la décision du président américain Donald Trump de sortir de cet accord au motif que Téhéran chercherait malgré tout à se doter de l’arme atomique.

La chancelière a insisté sur le fait que ce texte constitue « un pilier qui n’aurait pas dû être remis en cause » par Donald Trump, avec qui elle entretient par ailleurs des relations compliquées.

Un peu plus tôt le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a exigé des Européens qu’ils donnent des « garanties réelles » à l’Iran pour lui permettre de rester dans l’accord de Vienne.

« Maintenant, on dit qu’on veut continuer l’accord nucléaire avec les trois pays européens, (mais) je ne fais pas confiance à ces trois pays (…) Vous voulez conclure un accord, obtenez des garanties réelles, car demain ils feront la même chose que ce que les États-Unis ont fait », a déclaré M. Khamenei lors d’un discours diffusé par la télévision d’État iranienne.

Le rétablissement des sanctions américaines place les Européens dans une situation difficile.

En effet, les entreprises européennes qui continueraient de commercer avec Téhéran s’exposeraient au courroux américain, ce qui réduit les marges de manoeuvre de Paris, Londres ou Berlin sur le plan diplomatique.

Un haut responsable du parti chrétien-démocrate de Mme Merkel et président de la commission des Affaires étrangères à la chambre des députés a ainsi semblé enterrer mercredi les chances de survie de l’accord signé en 2015: pour lui les Européens n’ont pas les armes pour s’opposer à Washington.

« Trump a de facto atteint son but: l’accord est probablement impossible à sauver », a estimé Norbert Röttgen sur le site internet du magazine Der Spiegel.

« Les agissements (de Trump sur l’Iran) montrent combien l’Europe est impuissante en matière de politique étrangère (…) nous n’avons rien à proposer aux Iraniens » en contrepartie de la sortie américaine », a-t-il ajouté.

« Celui qui investit en Iran sera frappé de sanctions américaines, et c’est impossible à compenser », a-t-il dit.

Le nouvel ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, a d’ailleurs dès mardi prévenu les entreprises allemandes qu’il leur fallait quitter l’Iran.

Etiquette: ;