Plus de 50 élus signent une lettre bipartisane appelant le Département d’Etat à prendre position contre la xénophobie d’Etat

Un panneau aux abords d’un hôtel à proximité de Wroclaw, en Pologne, spécifie que l’entrée est interdite aux Juifs, aux communistes, et à tous les voleurs et traîtres de la Pologne

Plus de 50 membres du Congrès américain ont signé une lettre bipartisane appelant le Département d’État à prendre position contre la négation de l’Holocauste et l’antisémitisme soutenu par l’État en Ukraine et en Pologne.

La lettre, datée de lundi et adressée à John Sullivan, le secrétaire d’Etat adjoint, a été rendue publique mercredi. Les représentants démocrates Ro Khanna de Californie et David Cicilline de Rhode Island ont co-rédigé la lettre.

« Nous vous exhortons à vous joindre à nous et aux organisations de défense des droits de l’Homme pour lutter contre l’antisémitisme, la xénophobie et toutes les formes d’intolérance en appelant les gouvernements polonais et ukrainien à rejeter sans équivoque la déformation de l’Holocauste et à honorer les collaborateurs nazis. », lit-on dans la lettre, qui demande également au Département d’État de « détailler les mesures prises par le gouvernement des États-Unis pour surveiller les cas de déformation de l’Holocauste et s’assurer que les États-Unis ne soutiennent ni ne financent l’antisémitisme. »

« En tant que membres du Congrès des États-Unis, nous avons toujours soutenu la volonté de la Pologne et de l’Ukraine de bâtir des nations démocratiques. Cependant, nous sommes profondément préoccupés par le fait que la montée de l’antisémitisme et le déni du passé vont entraver le développement démocratique de ces pays et empêcher la Pologne et l’Ukraine de devenir des sociétés libres et ouvertes pour tous leurs citoyens, juifs et non-juifs », s’inquiète également la lettre.

Les membres du Congrès notent que les évolutions en Pologne et en Ukraine font suite à « une augmentation de la glorification des responsables de l’ère de l’Holocauste à travers l’Europe, y compris la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et les Etats baltes. C’est une tendance troublante qui doit susciter une forte réaction de notre gouvernement. »

La lettre insiste sur la nouvelle loi polonaise sur l’Holocauste adoptée en février qui criminalise le fait de tenir pour responsable la Pologne pour les crimes nazis, qui est en cours de révision constitutionnelle, ainsi que les lois dites mémorielles de l’Ukraine qui glorifient les collaborateurs nazis et criminalisent le fait de nier leur soi-disant héroïsme. Selon la lettre, les personnes et les groupes que ces lois désignent ont collaboré avec les nazis et portent la responsabilité du meurtre de milliers de Juifs, de 70 000 à 100 000 Polonais et d’autres minorités ethniques entre 1941 et 1945.

Le déni de l’Holocauste et l’antisémitisme en Pologne et en Ukraine ont été condamnés par le US Holocaust Memorial Museum, le Centre Simon Wiesenthal, la Coalition nationale soutenant la communauté juive eurasienne, le Congrès juif mondial, Yad Vashem et le gouvernement israélien, selon la lettre.

La lettre a également appelé le Département d’État à nommer un envoyé spécial chargé de surveiller et de combattre l’antisémitisme, un poste qui est resté vacant pendant plus d’un an, bien que la loi l’ait mandaté à le faire.

« Plus ce poste, qui a une portée mondiale, n’est pas pourvu, plus cela envoie le message que les Etats-Unis toléreront l’antisémitisme et le déni de l’Holocauste », indique la lettre. « En outre, le bureau du Département d’Etat pour surveiller et combattre l’antisémitisme n’a plus assez de personnel depuis le 1er juillet. »

Un porte-parole du département d’Etat au début du mois a déclaré au JTA que la lutte contre l’antisémitisme reste une « priorité » pour l’administration Trump.

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