Le président du Conseil français du culte musulman(CFCM), Ahmet Ogras, a estimé que l’absence du chef de l’Etat Emmanuel Macron au dîner annuel du CFCM qui a eu lieu mardi soir à Paris «est perçue par la communauté musulmane comme un boycott», ont rapporté les médias français.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait, de son côté, confirmé sa présence pour y prononcer un discours avant de revenir sur son engagement en invoquant un agenda chargé, selon le journal Le Parisien.

Mardi soir à Paris, avait lieu le traditionnel repas annuel de rupture du jeûne de Ramadan organisé pas le CFCM à paris.

Emmanuel Macron a décliné l’invitation et Edouard Philippe n’est arrivé qu’à 23h15 et n’a pas prononcé de discours, contrairement à ce qui avait été convenu en amont, toujours selon Le Parisien.

«Il représente la France, c’est lui le big boss ! Cette absence est perçue par la communauté musulmane comme un boycott. Elle veut être respectée et reconnue comme un enfant de la République», a déploré Ahmet Ogras concernant l’absence très remarquée d’Emmanuel Macron.

Un conseiller de l’Elysée, cité par le journal Le Figaro a, en revanche, expliqué que «le président de la République n’a pas prévu de venir annuellement, ce n’est pas une obligation».

Le Parisien indique notamment que l’Elysée, qui travaille actuellement à un plan de restructuration de l’Islam de France a préféré ne pas participer à ce dîner parce que les réflexions et travaux sur le sujet n’ont pas encore abouti.

Emmanuel Macron qui avait annoncé en février dernier sur les colonnes du Journal Du Dimanche (JDD), vouloir «poser les jalons de toute l’organisation de l’Islam de France», avant la fin du premier semestre 2018, devrait repousser la présentation de son plan à l’automne prochain.

Cité par le MuslimPost, le ministère de l’intérieur a indiqué que «Le président de la République a donné un cap en s’exprimant en juin dernier devant le CFCM. Si aucune prise de parole n’a été programmée, le principe n’en est pas repoussé. Elle devrait intervenir après l’été».

A ce sujet, Ahmet Ogras affirme « il ne nous a toujours pas reçus, nous attendons de le rencontrer », comme le rapporte le journal Le Parisien.

Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris a, pour sa part, été plus tranchant dans l’expression de son ressenti sur les colonnes du MuslimPost en déclarant « Ecouter les uns et les autres n’a que trop duré. Tant que la parole à notre sujet sera confisquée par d’autres, ce sera sans nous. Je ne m’occupe pas de leur travail. Eux, que savent-ils de notre travail ? »

Etiquette: ; ;