Le ministre italien de l’Intérieur juge dans un entretien à l’hebdomadaire allemand der Spiegel que l’existence même de l’UE est en jeu d’ici à un an, au moment où les Européens se déchirent sur les migrants « C’est dans l’année à venir que se décidera si l’Europe unifiée va ou non continuer à exister », a affirmé Matteo Salvini, qui dirige aussi la Ligue (extrême droite) dans le magazine à paraître samedi.

Ce sont notamment les négociations budgétaires européennes et les élections européennes qui auront lieu en 2019 qui vont déterminer « si tout ceci a encore un sens », selon des extraits de l’interview diffusés par avance vendredi. L’Italie, qui depuis l’arrivée récente d’une coalition gouvernementale populiste et d’extrême droite, croise le fer avec ses partenaires européens sur l’accueil des migrants, ne « peut plus prendre en charge le moindre » migrant supplémentaire, a-t-il répété.

« Au contraire nous voulons en donner quelques-uns », a-t-il ajouté à propos des migrants qui tentent malgré tous les dangers de rejoindre l’Europe par les côtes italiennes. Rome souhaite une meilleure répartition des demandeurs d’asile dans toute l’UE alors qu’elle supporte une grosse partie de la prise en charge des migrants. Mais elle se heurte au refus de nombreux autres pays européens, notamment dans l’est du continent.

De son côté, le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Chofer, menace de renvoyer tous les migrants arrivant à ses frontières vers le pays dans lequel ils ont été enregistrés en premier, soit en priorité l’Italie. Il s’est lancé dans un bras de fer avec Angela Merkel qu souhaite privilégier une solution européenne et la crise à Berlin atteint une telle acuité qu’elle menace la survie politique de la chancelière. Pour M. Salvini, la question migratoire n’est pas le seul contentieux entre Rome et Berlin. La réforme du système bancaire, la politique économique de l’UE, les excédents de la balance commerciale allemande sont aussi des sujets de friction, a-t-il dit.

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