Alors que le président de la République recule dans les sondages et que des élus dénoncent une dérive monarchique, Macron prend la parole à 15 heures (heure parisienne).

« Voilà ce que j’ai trouvé, ce que j’ai fait, ce qui reste à faire. » Selon le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, c’est ce à quoi se résume l’exercice voulu par Emmanuel Macron. Devant les deux assemblées réunies à Versailles, le président de la République va défendre son bilan et tracer les grandes lignes de la suite de son mandat.

Lors de sa première intervention devant le Congrès, le 3 juillet 2017, pour un coût avoisinant les 300 000 euros, le nouveau chef de l’État avait annoncé son intention d’en faire un rendez-vous annuel.

Mais ce moment très solennel est peu goûté par des élus de l’opposition, de droite comme de gauche. Christian Jacob a dénoncé « une suffisance totale », et plusieurs élus LR ont décidé de ne pas s’y rendre. Les députés LFI boycottent en bloc cette « fausse solennité ». Ce n’est pas le cas de Marine Le Pen, qui veut écouter « ce que le président de la République va dire pour justifier la politique […] qui frappe les plus faibles dans notre pays ».

Le président est arrivé peu après 13 heures au château de Versailles pour un déjeuner, en amont du Congrès, avec des ténors parlementaires. Accueilli, suivant le protocole, à l’arrière du pavillon royal par le président de l’Assemblée nationale et du Congrès François de Rugy (LREM), son homologue du Sénat Gérard Larcher (LR) et le Premier ministre Édouard Philippe, le chef de l’État est entré dans le palais sous les honneurs de la Garde républicaine. Les quatre hommes se rendront ensuite au déjeuner, galerie Louis-Philippe, réunissant les membres des bureaux des assemblées et les chefs de groupes parlementaires ayant accepté l’invitation, avant l’allocution d’Emmanuel Macron à 15 heures devant l’Assemblée et le Sénat réunis en Congrès.

 Les chefs de file LR, PS, PCF et LFI (qui boycottent tout le Congrès et organise une « manifestation en ligne ») ne seront pas autour de la table.

Selon les éditorialistes, le principal problème du chef de l’État est d’apparaître comme « le président des riches » : « Après une année très économique et pro business, il est temps d’articuler économie et social », lui conseille ainsi Bernard Stéphan de La Montagne Centre France. Pour se délester de « l’étiquette de président de riches qui lui colle à la peau », Macron « devrait envoyer des signaux populaires », selon Alain Dusart de L’Est Républicain. Le président « donne l’impression de ne penser qu’aux « premiers de cordée », et pas aux derniers’, note aussi Michèle Cotta dans Nice-Matin. « Il doit, aujourd’hui, faire clairement savoir quels objectifs il se fixe, et à quelles échéances. »

Pas sûr que ces conseils atteignent l’oreille présidentielle. L’Élysée a déjà fait savoir que le plan pauvreté qui devait être annoncé en juillet était remis à septembre.

Selon un sondage Elabe paru jeudi, Emmanuel Macron accuse une nette baisse de sa popularité en juin, ne recueillant respectivement que 34 % de la confiance des personnes interrogées, une baisse de six points en un mois. 60 % des Français n’ont désormais pas confiance dans l’action du chef de l’État « pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays » (+ 5 points en un mois).

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