Je me sens obligée d’adresser ces quelques mots à votre Agence, tant les réactions de ces 2 joueurs croates m’ont scandalisée.

Que l’on ait des opinions politiques c’est normal cela fait partie du fonctionnement d’une démocratie, mais il y a des lieux pour les afficher soit par écrit, soit oralement. Je ne conçois pas le sport, notamment le football, comme étant un champ de bataille sur lequel s’affronte des idéologies antagonistes. Le sport a toujours été un vecteur qui permettait aux sportifs de tous les continents de se rencontrer, avec des valeurs de partages, de solidarité.

Or, depuis que le sport est devenu une marchandise, ces valeurs ont disparu : c’est la course à la performance donc au fric avec tout ce que cela comporte, à savoir, les sponsors veulent des résultats et les sportifs sont des machines qu’on pousse au maximum de leurs capacités physiques, ce qui débouche sur l’absorption de produits dopants.

Les conflits militaires se retrouvent également dans le sport au travers de slogans du type de ceux utilisés par ces 2 joueurs croates faisant référence à l’Ukraine du type « Gloire à l’Ukraine » (Domagoj Vida) et « C’est une victoire pour le Dynamo (Kiev) et pour l’Ukraine » (Ognjen Vukojević). Ce n’est pas acceptable et la FIFA qui, visiblement, n’a pas apprécié, envisage de sanctionner financièrement ces 2 joueurs, de la même manière qu’elle avait sanctionné les 2 joueurs suisses originaires du Kosovo qui avaient provoqué les joueurs serbes.

Toucher les sportifs au portefeuille c’est bien, mais ça ne suffit pas, il conviendrait d’exclure l’équipe et d’inverser le résultat d’une rencontre dans le cas de manifestations visant à promouvoir un état fasciste comme c’est le cas précisément.

La politique n’a rien à faire dans une enceinte sportive, je pense que ça porterait davantage qu’une simple sanction financière et une suspension de 2 matchs, ce qui les empêcherait de jouer la demi-finale face aux anglais, car cela éviterait que de telles manifestations ne se reproduisent, et les sportifs y réfléchiraient à deux fois avant de se lancer dans ce type de provocation, car ils pénaliseraient leur équipe.

Ces 2 joueurs se sont rendus compte de l’effet qu’avait produit leur vidéo et se sont empressés de la supprimer, mais elle avait été partagée par des internautes. Ils se sont fendus en excuses, arguant que c’était une « blague », qu’ils aimaient tout le monde et qu’il n’y avait rien de politique, et que l’un des deux avait porté les couleurs du Dynamo Kiev entre 2013 et 2017.

Je pense qu’à force de trop vouloir friquer les sportifs surtout ceux pratiquant un sport collectif comme le football, plus y mêler la politique, ça sera la mort du sport tel que nous le concevons, ça devient le sport marchand, le sport spectacle, ça n’a plus beaucoup d’intérêt.

Monique Gimenez, militante française, spécialment pour le Front de l’information

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