De vendredi, début de l’incendie Benalla, à lundi matin et l’audition de Gérard Collomb, les proches du président ont tenté d’éteindre l’incendie. En vain.

À Alexandre Bennalla Emmanuel Macron avait donné toute sa confiance. C’est pourtant lui qui vient de donner le premier coup d’arrêt au quinquennat. Sans doute la plus grosse polémique touchant directement l’Élysée depuis l’affaire Cahuzac, sous François Hollande. Ce week-end, la polémique a enflé au point de mettre à l’arrêt l’Assemblée nationale et de convoquer une réunion de crise entre Emmanuel Macron et ses proches à l’Élysée.

Vendredi 20 juillet

Depuis vingt-quatre heures, la macronie tangue comme jamais depuis le début du quinquennat. Sous pression, l’Élysée cède et met en place une procédure de licenciement à l’encontre d’Alexandre Benalla. Quelques heures plus tard, lui, Vincent Crase – le collaborateur de La République en marche présent place de la Contrescarpe – et les trois fonctionnaires de la préfecture sont placés en garde à vue. Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de l’Élysée qui avait délivré une autorisation au « M. Sécurité » d’Emmanuel Macron d’assister en tant qu’observateur à la manifestation du 1er mai, est entendu comme témoin. Le même jour, Le Monde dévoile qu’Alexandre Benalla jouit d’un logement de fonction depuis le 9 juillet, dans une dépendance de l’Élysée située quai Branly.

Samedi 21 juillet

Samedi matin, alors que les cinq gardes à vue sont prolongées et que le domicile d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) d’Alexandre Benalla est perquisitionné, c’est la crise sur les bancs de l’Assemblée nationale. La réforme constitutionnelle n’avance pas tant les débats sont perturbés par les députés de l’opposition. Ces derniers réclament des explications quant à l’attribution d’un badge d’accès à Alexandre Benalla à l’hémicycle depuis le 24 juillet. Depuis soixante-douze heures, les débats s’enlisent et le président de l’Assemblée, François de Rugy, décider d’annuler la séance nocturne.

Quelques heures plus tôt, c’est une autre scène, surréaliste, qui anime la salle des Quatre Colonnes du Palais-Bourbon, où se rassemblent les journalistes. L’ambiance est électrique au Palais-Bourbon. Marine Le Pen prend à partie Christophe Castaner alors qu’il s’exprime face à la presse.

Dimanche 22 juillet

La majorité lâche. À 11 h 30 ce dimanche, Nicole Belloubet informe la représentation nationale que le gouvernement « a décidé de suspendre l’examen de la révision constitutionnelle ». La première victime du scandale. Et un premier échec pour les députés de La République en marche qui auront tenté en vain de poursuivre les débats, accusant l’opposition d’obstruction parlementaire.

Rarement depuis le début du quinquennat, les députés de droite comme de gauche se seront autant fédérés pour paralyser les débats et demander des comptes à l’exécutif. Apathiques, les députés LREM n’ont su pas renverser la vapeur malgré les consignes des cadres et de l’exécutif de « tenir bon ».

Le soir, c’est une réunion secrète qui se tient à l’Élysée à la demande d’Emmanuel Macron. Autour de la table, le Premier ministre Édouard Philippe, Gérard Collomb, le porte-parole du gouvernement Benjamin Grivaux et Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement. Selon un participant, le chef de l’État a condamné le « comportement choquant et inacceptable » d’Alexandre Benalla, rappelant qu’il n’y avait d’« impunité » pour personne et évoquant des « dysfonctionnements manifestes » de l’Élysée. Au même moment, les cinq personnes dont les gardes à vue ont été levées samedi ont été mises en examen.

Lundi 23 juillet

Cette fois, la macronie a décidé de sonner la charge. Les plans d’une contre-offensive médiatique ont été établis dans la journée de dimanche. Les voix de La République en marche iront livrer leurs éléments de langage dans les matinales radio et télévisée. Aurore Bergé, Gilles Le Gendre, Benjamin Griveaux, Christophe Castaner et Stanislas Guerini iront défendre bec et ongles tout scandale d’État à quelques heures de l’audition de Gérard Collomb, qui s’est terminée aux alentours de 12 h 30. Devant les députés, le ministre de l’Intérieur a assuré ne pas connaître Alexandre Benalla, tout en affirmant que ce n’est pas au locataire de la place Beauvau qu’il appartient de dénoncer les faits au procureur, rejetant ainsi la responsabilité sur le préfet de police. Une audition marquée par de nombreuses non-réponses du ministre. De quoi agacer bon nombre de députés…

DOSSIER : Affaire Benalla

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