Michelle Bachelet, officiellement nommée vendredi à la tête du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, est la première femme élue deux fois présidente du Chili à l’issue d’un parcours marqué par la dictature, portée par un sens du devoir plus fort que le goût du pouvoir.

Cette socialiste de 66 ans, qui a passé la main en mars au conservateur Sébastian Piñera, a récemment écarté tout retour en politique. « A présent, c’est le tour des autres », a-t-elle déclaré en lançant sa fondation.

Mais son nom revenait avec insistance ces derniers pour prendre la suite du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein.

Après un premier mandat (2006 – 2010) achevé avec une popularité record, l’ex-présidente socialiste n’avait pu immédiatement se représenter, la Constitution interdisant d’exercer deux mandats consécutifs.

Nommée directrice exécutive de l’ONU Femmes, elle avait alors quitté Santiago pour New York, où elle a pu nouer des contacts avec l’élite des dirigeants mondiaux et étoffer son bagage diplomatique.

Coulant des jours heureux aux Nations unies, Michelle Bachelet avait à l’époque reconnu dans un entretien que « c’était un job en or » et qu’elle avait alors « beaucoup de raisons d’y rester ».

D’abord réticente à revenir en politique pour une seconde élection présidentielle, elle avait attendu le dernier moment, en mars 2013, pour se déclarer.

Au cours de son second mandat, elle a bousculé cette société réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l’adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l’avortement, auparavant interdit.

Une autre réforme phare, instaurant la gratuité de l’éducation, est restée à mi-chemin au Parlement.

Lors de sa première candidature à la présidence parrainée par l’ex-président socialiste Ricardo Lagos après avoir été ministre de la Santé, puis la première femme ministre de la Défense d’Amérique latine, elle avait évoqué « ce sentiment de devoir ».

Née le 29 septembre 1951 à Santiago, elle a passé son enfance à sillonner le Chili au gré des mutations de son père pilote de l’armée de l’air. En 1970, elle entame des études de médecine et entre aux Jeunesses socialistes.

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