Des milliers d’Arméniens ont défilé aujourd’hui dans la capitale Erevan en soutien au Premier ministre réformateur Nikol Pachinyan à l’occasion du 100e jour au pouvoir de ce leader « anticorruption » qui tacle les anciennes élites prorusses.

Portant un t-shirt bleu et une casquette, son haut-parleur à la main, M. Pachinian a marché à la tête de ce défilé à travers les rues d’Erevan vers la place de la République, au coeur de la ville. « Je voudrais vous informer de ce qui a été fait depuis que j’ai été élu Premier ministre il y a cent jours », a lancé M. Pachinian devant les manifestants.

En avril dernier, cet ancien député d’opposition a mobilisé des dizaines de milliers de personnes pendant une vingtaine de jours contre l’ex-président Serge Sargsian et contre son Parti républicain au pouvoir, accusés de n’avoir rien fait pour éradiquer la corruption et la pauvreté. Le 23 avril, Serge Sargsian a démissionné à la surprise générale, et le 8 mai, Nikol Pachinian a été élu à la tête du gouvernement par le Parlement.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de corruption en Arménie », a assuré vendredi M. Pachinyan. Il a par ailleurs affirmé que son « objectif est d’élever les relations russo-arméniennes à un nouveau niveau, sans précédent dans l’histoire ».

La vaste campagne anticorruption lancée par les nouvelles autorités arméniennes contre les anciennes élites prorusses a notamment abouti à l’arrestation en juillet de l’ancien président Robert Kotcharian (1998-2008), ensuite relâché. Les poursuites engagées contre des responsables prorusses ont provoqué une vive critique de Moscou qui a rappelé au nouveau pouvoir arménien ses promesses de ne pas poursuivre « ses prédécesseurs sur des motifs politiques ». L’Arménie a alors défendu ses affaires « intérieures » et assuré que la campagne anticorruption n’affecterait pas ses liens avec la Russie.

« Nous voulons que notre partenaire stratégique et les autres pays respectent notre nouveau gouvernement et ne se mêlent pas de nos affaires intérieures », a déclaré vendredi l’un des manifestants, Aram Amarian, un étudiant de 24 ans. « Le Parlement, les juges corrompus, les oligarques, ils agissent tous contre le gouvernement de Nikol Pachinian », a affirmé un autre manifestant, Garnik Melikian, 41 ans. « Et je suis venu ici aujourd’hui pour montrer à toutes ces forces que leur temps est passé », a-t-il souligné.

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