Emmanuel Macron a trouvé la solution au chômage. Il suffirait selon lui de « traverser la rue » d’après ce qu’il a dit à un jeune horticulteur au chômage.

Nouvelle insulte gratuite pour le peuple du plus méprisant des présidents. La sortie se base pourtant sur un mythe répandu par les libéraux et le MEDEF. Selon eux, il y aurait en France de nombreuses offres d’emploi qui resteraient délibérément sans preneur. Le fait prouverait que les chômeurs sont responsables de leur sort.

Cette affirmation est un mensonge grossier. Selon pôle emploi, au 2e trimestre de 2018, le nombre de personnes inscrites et tenues de rechercher un emploi s’élevait à 5,6 millions de personnes. Face a ceux-là , le MEDEF et les faux experts des plateaux télé font circuler des chiffres extravagants. Il y aurait 500 000 emplois vacants selon le Medef, et même 600 000 selon un « économiste » de BFMTV. Une pure élucubration. Elle déshonore ceux qui profèrent ces chiffres.

En vérité, Pôle emploi faisait état, en décembre 2017, de 150 000 de ses offres non pourvues. Son enquête fait aussi une estimation des offres d’emplois qui ne passent pas par eux. Au total, Pôle emploi considère que 200 000 à 330 000 offres restent sans candidat adéquat. Rapporté au nombre de chômeurs, il y a un emploi non pourvu pour 20 chômeurs. Le rapport monte même à 1 pour 40 si on convertit ces offres en temps pleins annuels. Si tout le monde traversait la rue en acceptant de renoncer à son métier pour prendre ce qui se présente même s’il n’y connait rien et que l’employeur accepte cela, 5% seulement se caseraient…

Quand on interroge les employeurs, 77% d’entre eux jugent que les difficultés de recrutement s’expliquent par des problèmes d’attractivité de leurs propres offres. En effet, ces offres sont pour nombre d’entre elles de mauvaise qualité. Une sur deux correspond à un CDD de moins de 6 mois. On y trouve aussi beaucoup de temps partiels avec de bas salaires pour lesquels le salarié peut être perdant en comptant par exemple les coûts de transports. D’ailleurs, En répondant ainsi au chômeur qu’il a en face de lui, Macron propage donc un préjugé mensonger mais répandu chez les importants : les chômeurs sont des fainéants. Cette insulte est utile pour justifier le flicage généralisé des pauvres et le contrôle social généralisé qu’il met en place.

L’épisode n’est pas seulement lamentable pour le président et pour le jeune horticulteur qu’il a humilié en public. Il l’est tout autant pour la machine médiatique qui s’est acharné à vouloir donner raison à Macron alors qu’il s’agit d’un mensonge déjà cent fois démantelé par l’argumentation des connaisseurs du sujet quelque soit leur penchant idéologique.

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