D’un côté, Jair Bolsonaro, sulfureux candidat d’extrême droite que ses partisans surnomment « Le Mythe », de l’autre Fernando Haddad, intellectuel de gauche et poulain de l’ex-président incarcéré Lula: tout oppose les deux favoris du premier tour de la présidentielle au Brésil dimanche.

Les autres concurrents semblent loin derrière, même si le candidat de centre gauche Ciro Gomes reste en embuscade.

Jair Bolsonaro, le favori qui dérange

Jair Bolsonaro, député d’extrême droite qui caracole en tête des sondages pour le premier tour, est souvent surnommé le Donald Trump brésilien.

Ses dérapages racistes, homophobes et sa nostalgie affichée de la dictature militaire (1964-1985) font de lui une sorte d’épouvantail, mais ses nombreux admirateurs voient en lui le sauveur de la patrie.

Regard vert perçant, épargné par l’avalanche de scandales qui ronge le Brésil, cet ancien capitaine de l’armée promet de renverser une élite politique « corrompue et incompétente » et de libéraliser le port d’arme.

Pourtant, contrairement à Trump, le candidat du Parti social libéral (PSL) peut difficilement être considéré comme un nouveau en politique. En 27 ans à la chambre des députés, Jair Bolsonaro s’est davantage illustré par ses dérapages dans l’hémicycle que pour les projets de loi qu’il a fait approuver, seulement deux.

De confession catholique, il a des relations étroites avec les églises évangéliques, même s’il est épinglé par certains sur le fait que ses cinq enfants (dont trois sont des hommes politiques) sont le fruit de trois unions différentes.

Né en 1955 à Campinas, près de Sao Paulo, dans une famille d’origine italienne, sa carrière militaire a été émaillée par des épisodes d’insubordination: il a même été accusé dans les années 80 de tentative d’attentat à la bombe pour obtenir des augmentations de solde.

Le 6 septembre, il a frôlé la mort après avoir été poignardé à l’abdomen lors d’un bain de foule. Hospitalisé jusqu’à la fin du mois, il n’a pas pu reprendre sa campagne dans les rues, mais reste très actif sur les réseaux sociaux.

Fernando Haddad, le remplaçant-héritier de Lula

Partant du principe que Luiz Inacio Lula da Silva est si populaire qu’il pourrait faire élire un lampadaire, Fernando Haddad se présente volontiers comme le « lampadaire de Lula ».

Il a été propulsé de l’ombre à la lumière le 6 septembre, étant intronisé candidat du Parti des Travailleurs (PT, gauche) quand son mentor, incarcéré pour corruption a jeté l’éponge après avoir été disqualifié par la justice.

Même si le PT utilise comme slogan « Haddad est Lula », ce fils d’immigré libanais a un profil très différent.

A 55 ans, ce professeur de sciences politiques à l’Université de Sao Paulo, également membre du barreau, est à des années-lumières du style de l’ancien métallo proche du peuple qu’est Lula et a l’image d’un intellectuel mesuré.

Il a beau avoir été maire de Sao Paulo, la capitale économique du pays, sa notoriété a du mal à s’étendre jusqu’aux régions pauvres comme le Nord-est, principal fief électoral de Lula.

Marié à une dentiste depuis 30 ans, il a deux enfants, une fille et un garçon.

Souriant, affable, les cheveux châtains légèrement grisonnants soigneusement peignés, il est parfois surnommé « Haddad tranquilao » (Haddad relax) en raison de sa sérénité à toute épreuve, loin de la fougue de son mentor.

Une force tranquille qui lui a permis de monter progressivement dans les sondages, franchissant la barre des 20% alors qu’il plafonnait à 4 % avant d’être adoubé par Lula, ce qui devrait lui permettre d’accéder au second tour, pour un duel sans merci avec Jair Bolsonaro.

Ciro Gomes : l’impulsif boudé par la gauche

Impulsif, auteur de déclarations fracassantes, Ciro Gomes, 60 ans, membre d’un puissant clan familial du Nord-est du Brésil, vise la présidence pour la troisième fois, mais doit éviter les dérapages pour ratisser le plus large possible.

Longtemps il a été vu comme le candidat du centre gauche capable de remplir le vide laissé par l’absence de Lula, dont il fut ministre de l’Intégration territoriale (2003-2006). Mais il a vite stagné autour de 10% des intentions de vote, loin des deux favoris.

Père de quatre enfants, Ciro Gomes vit actuellement avec sa quatrième compagne, Giselle Bezerra, productrice de télévision de 39 ans et ex-danseuse de la chanteuse pour enfants Xuxa.

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