Les enseignants de maternelle et élémentaire sont appelés à faire grève aujourd’hui à Paris à l’appel de plusieurs syndicats pour protester contre la semaine de 4,5 jours choisie par la ville contrairement à la plupart des communes.

Quelques syndicats appellent à cette mobilisation pour que le système actuel des rythmes scolaires parisiens soit abandonné et la parole des enseignants « entendue ». Selon une consultation syndicale menée dans un peu plus de la moitié des écoles parisiennes et dont les résultats ont été publiés en juin, 80 % des professeurs des écoles veulent un retour à la semaine de quatre jours.

En 2008, le ministre de l’Education Xavier Darcos avait supprimé l’école le samedi matin et ramené la semaine scolaire à quatre journées pleines, malgré les vives critiques des chronobiologistes et spécialistes des apprentissages chez l’enfant. A la suite de l’élection de François Hollande en 2012, son ministre de l’Education Vincent Peillon est revenu sur cette réforme et a imposé une semaine de neuf demi-journées, organisées différemment selon les communes. Peu après son arrivée rue de Grenelle en 2017, son successeur Jean-Michel Blanquer a offert la possibilité aux communes de repasser à la semaine de quatre jours. A la rentrée 2018, 85 % des communes de France (soit 80 % des élèves) s’étaient emparés de cette liberté.

Mais Paris, première ville à avoir adopté la semaine de 4,5 jours en 2013, ne veut pas remettre en cause cette réforme phare du quinquennat Hollande. « Le système actuel engendre la confusion entre le temps scolaire et le temps périscolaire, beaucoup d’enfants ne s’y retrouvent plus », a dit à l’AFP Jérôme Lambert, secrétaire départemental du SNUipp-FSU. Selon le syndicat, près d’un enseignant sur deux (45 %) en primaire à Paris pourrait être en grève jeudi.

L’abandon d’une demi-journée proposé par M. Blanquer satisfait les communes – cela leur coûte moins cher – et les enseignants mais nuit aux élèves en difficulté, affirment des experts. La France se distingue des autres pays européens par un plus faible nombre de jours d’école mais avec des journées très chargées qui compliquent l’apprentissage, rappelle régulièrement l’OCDE.

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