Donald Trump a minimisé mercredi le report impromptu d’une importante réunion sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, assurant avoir toujours l’intention de rencontrer Kim Jong Un, début 2019.

Ce nouveau contretemps dans les négociations sinueuses sur l’avenir de l’arsenal atomique de Pyongyang a été annoncé dans la nuit de mardi à mercredi, en pleine soirée électorale aux Etats-Unis: le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a reporté à la dernière minute, et sans avancer de raison, une rencontre prévue jeudi à New York avec Kim Yong Chol, le bras droit du dirigeant nord-coréen.

Elle sera organisée « à une date ultérieure », « quand nos agendas respectifs le permettront », a simplement annoncé la porte-parole du département d’Etat américain Heather Nauert.

Pressé de questions mercredi, son adjoint Robert Palladino a assuré qu’il s’agissait « purement d’une question d’agendas », sans lien avec d’éventuels désaccords de fond.

Depuis la Maison Blanche, Donald Trump a lui affirmé être « très heureux de comment les choses se passent avec la Corée du Nord ».

« Tout va bien, il n’y a aucune urgence », a-t-il ajouté, vantant une fois de plus les bienfaits présumés de sa politique de rapprochement avec le régime reclus qu’il menaçait il y a encore un an de « destruction totale »: « Les sanctions sont en place, les missiles ont cessé, les otages sont de retour à la maison ».

Mike Pompeo devait profiter de ce rendez-vous pour tenter d’arracher des progrès concrets dans le dossier épineux du désarmement nucléaire et préparer un nouveau sommet Trump-Kim.

Ce second tête-à-tête, après le premier, historique, en juin à Singapour, aura lieu « en début d’année prochaine », a promis le président américain.

A Séoul, Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes, a estimé que ce report à la dernière minute n’était « pas un bon signe ». Cela « indique que les négociations n’avancent pas suffisamment bien pour permettre la tenue de la réunion », a-t-il dit.

Le gouvernement sud-coréen, très impliqué dans le réchauffement diplomatique en cours avec le Nord, a d’ailleurs jugé le report « regrettable ».

« Il n’y a pas de raison de troquer l’espoir contre l’inquiétude », a toutefois relativisé un haut responsable sud-coréen, soulignant qu’il ne s’agissait pas du premier obstacle dans les négociations.

Tensions sur les sanctions

A Singapour, l’homme fort de Pyongyang avait promis au président des Etats-Unis d’oeuvrer en faveur d’une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

Mike Pompeo a ensuite été chargé de négocier, notamment avec Kim Yong Chol, l’un des plus hauts dirigeants nord-coréens, le contenu et le calendrier de cet engagement encore vague. Mais ces négociations de suivi patinent et ont déjà subi plusieurs coups de frein.

Début juillet, le secrétaire d’Etat américain était ainsi rentré bredouille d’une visite en Corée du Nord et, fin août, Donald Trump avait annulé à la dernière minute un autre déplacement prévu de son ministre à Pyongyang, reconnaissant pour la première fois l’absence de progrès suffisants.

Depuis, les négociations semblaient relancées avec, en ligne de mire, le second sommet.

« Nous aurons une bonne occasion de poursuivre les discussions autour de la dénucléarisation », avait déclaré dimanche Mike Pompeo en annonçant sa prochaine rencontre avec Kim Yong Chol, dont il avait dit espérer « de réels progrès ».

Mais le régime avait refroidi l’atmosphère en menaçant, la semaine dernière, de reprendre le développement de son arsenal nucléaire si les sanctions qui étouffent son économie n’étaient pas levées.

C’est le principal point d’achoppement dans ce rapprochement spectaculaire entre les deux pays ennemis, dont les dirigeants affichent désormais leur bonne entente.

Pyongyang, qui a cessé les tirs de missiles et essais atomiques mais n’a jusqu’ici pris aucune mesure considérée comme irréversible pour démanteler son programme nucléaire, exige des contreparties américaines pour continuer à avancer.

Et notamment un allègement des sanctions internationales, avec le soutien plus ou moins explicite de la Russie et de la Chine, ainsi que de la Corée du Sud.

Or Washington promet de maintenir la pression économique tant que la dénucléarisation ne sera pas « définitive et entièrement vérifiée ».

« J’adorerais lever les sanctions, mais il faut qu’ils y mettent du leur également », a déclaré mercredi Donald Trump.

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