La Serbie a accusé dimanche le Kosovo de «saper la coopération régionale et la stabilité» avec sa récente décision de relever ses droits de douane sur les produits serbes.

Au centre de Belgrade, des piétons passent devant un mur représentant la carte du Kosovo, avec écrit en cyrillique «Pas de division».

Pristina a relevé la semaine dernière de 10% ses droits de douane pour protester contre l’activisme diplomatique déployé par la Serbie pour convaincre des pays de revenir sur leur décision de reconnaître l’indépendance du Kosovo.

Le dialogue entre Belgrade et Pristina est au point mort depuis des mois, et cette mesure douanière est une nouvelle illustration de la tension persistante, vingt ans après la guerre du Kosovo entre forces serbes et rebelles indépendantistes kosovars albanais (1998-99, plus de 13.000 morts).

Cette décision a été prise «de manière irresponsable, en violation des accords conclus et en sapant la coopération régionale et la stabilité», selon un communiqué de la présidence serbe publié après une rencontre entre le président Aleksandar Vucic et la chancelière allemande Angela Merkel en marge des commémorations du centenaire de l’Armistice de 1918 en France.

Celui-ci affirme être reconnu par quelque 115 pays. Mais la Serbie assure en avoir convaincu une dizaine de revenir sur leur décision, ce que conteste le Kosovo. Les deux pays «sont à des kilomètres de tout accord», a déclaré Aleksandar Vucic sur la RTS, depuis Paris.

Il a expliqué «ne pas comprendre» la décision de Pristina de relever les droits de douanes. «Quand vous avez affaire à des gens qui font ça, il est clair qu’il y a de quoi avoir peur de ce qu’ils feront après». «Je redoute horriblement l’avenir parce que je ne sais pas ce qui peut passer dans leurs têtes», a-t-il affirmé.

Autre sujet de discorde entre les deux parties, la décision du Kosovo de se doter d’une armée a été confirmée vendredi, 9 novembre, à l’AFP par le président kosovar Hashim Thaçi qui a aussi annoncé avoir rencontré Angela Merkel en France. Pour les Serbes, cette armée est une ligne rouge. La défense du Kosovo est actuellement assurée par une force internationale.

Soutenue notamment par la Russie et la Chine, Belgrade ne reconnaît toujours pas l’indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province, majoritairement peuplée d’Albanais.

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