Chargée de maintenir la paix et l’ordre au Kosovo, la mission de l’Otan KFOR a annoncé ses prochains exercices dans le nord de cette république autoproclamée, territoire peuplé essentiellement de Serbes, prétendant toutefois qu’il ne s’agissait pas d’une activité militaire

L’intensification des activités de la KFOR est sans doute liée aux événements de la semaine dernière au Kosovo, a déclaré le major général serbe à la retraite Mitar Kovac, président du Forum eurasiatique pour la sécurité, commentant l’affirmation de la mission de l’Otan selon laquelle ses prochains exercices ne seraient qu’un simple entraînement n’ayant rien à voir avec une menace ou un danger quelconque.

«L’introduction de taxes kosovares de 100% sur des marchandises en provenance de Serbie et de Bosnie-Herzégovine n’est qu’un prétexte formel pour aggraver la situation. Je pense qu’il s’agit d’une escalade planifiée dont Pristina a besoin pour instaurer son contrôle sur le nord serbe du Kosovo», a poursuivi l’interlocuteur de l’agence.

Et de supposer que la KFOR n’était pas tout à fait neutre et se permettait de soutenir un groupe ethnique du Kosovo au détriment de l’autre.

«Je n’affirmerai pas que la mission [KFOR, ndlr] collabore ouvertement avec les autorités provisoires de Pristina, mais elle échange de toute évidence avec ces dernières des renseignements et d’autres informations», a estimé le Serbe.

Et d’expliquer qu’il s’agissait d’instaurer à titre préventif le contrôle sur le nord du Kosovo afin d’empêcher les Serbes de s’y organiser pour s’opposer à l’invasion de la Force de sécurité du Kosovo (KSF).

«Il ne s’agit toutefois pas d’instaurer un contrôle militaire classique, mais plutôt de contrôler les communications et les agglomérations, notamment les villes et les grands villages serbes», a précisé M.Kovac.

Selon ce dernier, l’Otan a depuis longtemps fait la démonstration de sa partialité au Kosovo.

«Depuis six à sept ans, l’Otan œuvre ouvertement au projet de future armée kosovare et en entraîne déjà les effectifs. Qui plus est, les principaux pays de l’Otan investissent activement leurs « donations » dans l’approvisionnement matériel et technique de la KSF», a constaté le général à la retraite.

Et d’ajouter que les Serbes du Kosovo éprouvaient de moins en moins de confiance envers la KFOR depuis des pogroms antiserbes de 2004 au Kosovo-Métochie.

Les 17 et 18 mars 2004 avaient éclaté au Kosovo-Métochie des pogroms et une vague d’exactions anti-serbes et anti-orthodoxes sous les yeux des représentants de l’Otan et de l’Onu qui restaient criminellement impassibles.

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