Des millions d’implants et de dispositifs médicaux défectueux ont été mis sur le marché dans le monde, faute de contrôles sanitaires suffisants. Cette information a été révélée dans la semaine du 26 novembre dans le rapport «Implant files».

«J’ai été très surpris de la consanguinité dans le secteur médical. Par peur, les gens n’osent pas se dénoncer les uns les autres ni avouer lorsque quelqu’un a fait quelque chose de mal. À cela s’ajoute le conflit d’intérêts: qu’un médecin implante un produit et reçoive de l’argent pour en dire du bien, c’est vu comme normal», a déclaré Daniele Grasso, journaliste italien qui travaille pour le journal El Confidencial en Espagne.

«Implant files» est une enquête réalisée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ, dans son acronyme en anglais). Ce dossier révèle que les entreprises qui développent des implants ont commercialisé au fil des années des millions d’appareils défectueux (stimulateurs cardiaques, prothèses, lentilles de contact, défibrillateurs…) sans être strictement contrôlées par une entité gouvernementale.

L’idée de mener cette enquête est née de l’expérience de la journaliste néerlandaise Jet Schouten, qui a réussi à faire reconnaître un filet à mandarines comme un dispositif vaginal médical.

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A la suite des révélations de Jet Schouten, le Consortium international des journalistes d’investigation a mené des recherches pendant un an et demi, qui ont mis en lumière l’ampleur planétaire de ce scandale sanitaire.En effet, l’industrie des implants bénéficie d’un marché mondial et les défaillances touchent des patients sur tous les continents. Dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie, les gouvernements s’appuient sur les certificats de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et de l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour éviter d’avoir à faire eux-mêmes les contrôles sanitaires de rigueur.

Or, les processus de certification en Europe et aux États-Unis ne sont pas exempts d’erreurs ni de négligences, selon le journaliste Daniele Grasso.

«Le principal problème réside dans le processus de certification. Les agences européennes et étatsuniennes déclarent qu’un produit est sûr, mais elles le font avec très peu de contrôles», affirme Daniele Grasso.

Ces lacunes dans le système de contrôle et de surveillance entraînent la mise sur le marché de millions de produits défectueux, qui ont déjà fait des dizaines de milliers de victimes dans le monde.

Aux États-Unis, les «incidents» liés aux dispositifs médicaux ont fait 1,7 million de blessés et 82.000 morts en dix ans, soit en moyenne plus de 8.000 morts par an, un chiffre considérable. En Europe, le décompte est plus délicat, car la collecte de ces informations n’est pas systématique.Néanmoins, en France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), a relevé pour l’année 2017 plus de 18.000 «incidents» liés à des dispositifs médicaux, soit plus de deux fois plus qu’en 2008. Sans que l’on sache combien ont été mortels (l’ANSM, contactée par Sputnik, n’a pas encore répondu à cette question).

À l’échelle globale, les entreprises qui ont enregistré le plus grand nombre de cas de dispositifs médicaux défectueux sont, entre autres: Johnson & Johnson, Medtronic, Abbott, Siemens, Philips, Roche, Zimmer Biomet, Novartis, Boston Scientific, Baxter…

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