Les négociations d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne patinent depuis déjà quatre ans, Belgrade refusant catégoriquement d’appliquer les sanctions antirusses et de donner son aval à l’adhésion du Kosovo à des organisations internationales. Deux analystes serbes ont commenté la situation.

Les pays baltes et la Pologne bloquent depuis octobre 2014 l’envoi à Belgrade d’un rapport de suivi de la politique serbe sur le chapitre 31 du dossier des négociations, intitulé «Politique étrangère, de sécurité et de défense». Ils réclament la réécriture de ce rapport et l’imposition de nouvelles conditions à la Serbie qui puissent satisfaire tous les pays membres de l’UE, a rappelé Suzana Gribjasic, secrétaire générale du Mouvement européen en Serbie.

Selon l’interlocutrice de l’agence, les pays baltes et la Pologne s’opposent à l’envoi de ce document parce que la Serbie n’a pas mis, selon eux, sa politique extérieure en conformité avec toutes les mesures et déclarations de l’Union européenne.

«D’autres pays candidats […] n’étaient pas confrontés à un tel problème, leur politique internationale ayant été concertée avec celle de Bruxelles parce qu’avant d’adhérer à l’UE, ils étaient devenus membres de l’Otan», a expliqué Mme Gribjasic.

Et de rappeler que la Serbie restait militairement neutre, ce qui comptait beaucoup plus pour elle.

Toujours selon Mme Grigjasic, bien que certains pays de l’UE n’apprécient pas du tout la coopération technico-militaire en plein essor entre Belgrade et Moscou, il ne s’agit pas seulement du refus de la Serbie d’adhérer aux sanctions antirusses.

«Pristina déploie des efforts de plus en plus actifs pour adhérer au plus grand nombre possible d’organisations internationales et surtout à celles qui font partie de la famille des Nations unies, alors que la Serbie réalise un travail diplomatique énergique avec les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. […] Nous avons besoin de leurs voix contre l’adhésion du Kosovo à telle ou telle organisation internationale», a poursuivi l’experte.

Une autre interlocutrice, la politologue serbe Elena Vukoicic, a estimé pour sa part que la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et la Pologne essayaient tout simplement de faire pression sur la Serbie pour la contraindre à revoir ses relations avec la Russie.

«La Serbie sera soumise à une pression beaucoup plus forte que les autres candidats à l’adhésion à l’Union européenne. Qui plus est, on ne sait toujours pas quand nous pourrons y adhérer et si nous pourrons même y adhérer un jour», a résumé Mme Vukoicic.

La Serbie a déposé sa candidature d’adhésion à l’Union européenne le 23 décembre 2009.

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