Conformément au durcissement des conditions d’octroi de visas, dévoilé en novembre dernier par le consul général de France à Alger, le nombre de visas délivrés en 2018 aux Algériens a baissé d’environ un tiers par rapport à 2017, selon le ministère français de l’Intérieur.

Comparativement à l’année 2017, les autorités consulaires françaises en Algérie ont diminué de manière drastique le nombre de visas délivrés aux Algériens en 2018, selon les statistiques publiées le 15 janvier par le ministère français de l’Intérieur.

En effet, selon les chiffres avancés par le ministère, le nombre de visas octroyés aux ressortissants algériens est passé de 413.976 en 2017 à 297.104 en 2018, soit une baisse de 28,23%.En 2017, en termes de nombre de visas accordés par la France, l’Algérie occupait la deuxième place derrière la Chine. En 2018, elle était quatrième derrière la Chine, la Russie et le Maroc. Ces trois pays ont vu le nombre de visas délivrés par les autorités consulaires françaises à leurs citoyens augmenter par rapport à 2017.

En 2015, en réponse à la crise migratoire qui a touché l’Europe, en général, et l’espace Schengen, en particulier, la France a effectivement durci ses conditions d’octroi de visas, sans pour autant viser en particulier les Algériens, a déclaré le 19 novembre Marc Sédille, le consul général de France en Algérie, dans un entretien accordé au site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA).

Tout en soulignant que les nouvelles dispositions ont été prises conjointement avec tous les pays de l’espace Schengen, dans le but de renforcer le contrôle aux frontières, en imposant une liste commune de justificatifs pour la demande de visa, le consul général de France à Alger a déclaré que «tout ce qui a pu être mis en place précédemment [pour les Algériens, ndlr], tous les dispositifs qui prévoyaient des assouplissements ont été balayés par ce renforcement du contrôle aux frontières extérieures, par ce renforcement du contrôle sur la délivrance des visas et par cette harmonisation de la politique des pays Schengen». «C’est vrai qu’il existait en Algérie des situations dérogatoires où certaines catégories de demandeurs présentaient des dossiers dits « allégés », ce n’est plus possible aujourd’hui, tous les justificatifs doivent être fournis, quelle que soit la qualité du demandeur», a-t-il encore précisé en soutenant que «cela ne vise pas exclusivement les Algériens. C’est une mesure globale déployée partout».Évoquant le phénomène de la présence d’Algériens en situation irrégulière en France, le diplomate a fait savoir que «les ressortissants algériens dans cette situation sont très nombreux». «L’année passée, plus de 10.000 Algériens ont fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français», a-t-il confirmé.

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