Moscou a accepté l’idée d’envoyer des spécialistes allemands et français afin d’observer la situation dans le détroit de Kertch, a annoncé vendredi Sergueï Lavrov. Selon un député du parlement de Crimée, cette mission pourra confirmer le respect des règles de navigation par la Russie.

Le Président russe a accepté la proposition de la chancelière allemande d’envoyer des observateurs allemands et français dans le détroit de Kertch, a annoncé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l’issue de négociations avec son homologue allemand Heiko Maas. Selon lui, cette initiative a été avancée par Angela Merkel lors du sommet du G20 à Buenos Aires.

Pour l’instant, Paris n’a pas commenté cette initiative.Dans le même temps, le chef de la diplomatie russe a précisé que lors de cette rencontre M.Maas lui avait transmis une proposition détaillée qui consiste à demander aussi l’approbation de Kiev.

«Si l’idée est de transformer tout en une sorte de procédure politique au cours de laquelle la partie ukrainienne prendra des décisions, nous risquons de nous retrouver dans la même situation que celle du format Normandie avec la formule Steinmeier», a-t-il indiqué.

Selon Iouri Guempel, président de la commission des relations intercommunautaires au parlement de Crimée, interrogé par Sputnik, l’évaluation de la situation dans le détroit de Kertch par des spécialistes allemands et français confirmera le respect des règles internationales de navigation maritime de la part de la Russie.

«La Crimée n’a rien à cacher […] La proposition d’Angela Merkel est assez sensée et juste si les experts allemands et français sont prêts à mener un dialogue constructif et donner une évaluation objective à tout ce qui se passe dans le détroit de Kertch», a-t-il précisé.

Selon lui, des experts ukrainiens pourraient aussi s’y rendre. Néanmoins, il a fait part de ses doutes quant à leur impartialité.

«Nous avons constaté à plusieurs reprises que le Président ukrainien et son équipe ne sont pas disposés à un dialogue constructif», estiment M.Guempel.

Le 25 novembre, trois navires de la Marine ukrainienne ont violé la frontière russe de la côte de la mer Noire, près du détroit de Kertch. Selon le département du FSB pour la Crimée, ils effectuaient des manœuvres dangereuses et refusaient d’obtempérer aux ordres des gardes-côtes. Vers 19h00, heure de Moscou (17h00 heure de Paris), les vaisseaux ont entrepris une nouvelle tentative d’effectuer des actions illégales dans les eaux territoriales russes. Les gardes-côtes russes ont alors eu recours aux armes pour les arrêter. Les autorités russes ont interpellé 24 militaires ukrainiens dont deux agents du Service de sécurité d’Ukraine (SBU). Selon le FSB, ces agents se trouvaient à bord des navires pour coordonner cette action. La Russie a qualifié l’incident de «provocation» et a ouvert une enquête pour violation de sa frontière.

La Rada suprême a approuvé, à son tour, le décret de Piotr Porochenko relatif à l’établissement de la loi martiale dans certaines zones du pays pour une durée de 30 jours, et ce, à la suite de l’incident survenu dans le détroit de Kertch. Le 26 décembre, le Président ukrainien a déclaré ne pas envisager de demander la prolongation de la loi martiale.

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