Dans l’indifférence totale de la communauté internationale, et avec le soutien réitéré des Etats-Unis, l’Ukraine met en place un processus d’expropriation des églises orthodoxes ukrainiennes du Patriarcat de Moscou, par la force, en recourant à des méthodes de bandit.

Pour cela, deux textes de loi sont instrumentalisés et appliqués avec l’aide des extrémistes : l’un sur le changement de juridiction des églises et l’autre sur le changement de nom de l’Eglise ukrainienne orthodoxe du Patriarcat de Moscou.
Nous avions déjà parlé de la vague de répression qui s’abat sur l’Eglise ukrainienne orthodoxe du Patriarcat de Moscou, des persécutions lancées contre ses prêtres, mais aussi contre ses biens. Or, depuis que Poroshenko est allé faire allégeance au Patriarche de Constantinople, le processus s’accélère. Pour cela, deux textes de loi ont été adoptés par les députés pour tenter de « légaliser » formellement, ce qui n’est rien d’autre que du banditisme.
Tout d’abord, le Parlement ukrainien a adopté, une dizaine de jours après que le Patriarche de Constantinople ait donné à Poroshenko le document le faisant passer sous sa coupe, une loi permettant, avec le vote à main levée des deux/tiers des fidèles d’une église concrète de décider de la faire sortir du Patriarcat de Moscou et de l’intégrer dans la nouvelle structure créée par Poroshenko, après enregistrement par les autorités locales. Les députés ont dû s’y reprendre à deux fois pour faire passer le texte qui doit permettre de « légaliser » l’expropriation forcée de l’Eglise urkainienne canonique, par suite de la révision du droit d’exploiter le lieu.
Immédiatement, l’on note une augmentation des violences à l’égard des églises, non sans l’aide des groupes extrémistes qui accompagnent les nouveaux « prêtres ». Sans compter les cas où des gens qui n’ont aucun lien avec les fidèles se regroupent pour « voter », si cette méthode ne marche pas, la solution est plus simple : l’occupation physique des lieux. Ainsi, dans la région de Tchernigovskaya, les nouveaux « prêtres » sont arrivés pour prendre possession des lieux avec les extrémistes du groupe S14, sans aucun titre ni document, et se sont déclarés « propriétaires ». Autre exemple, dans le village de Bronits (région de Volynskaya), des membres de la nouvelle Eglise d’Ukraine ont brisé la porte de l’église, s’en sont pris au prêtre et l’ont sorti par la force du territoire de l’église. A son arrivée, la police n’a remarqué aucune trace d’effraction … Et ces exemples se multiplient dans les différentes régions ukrainiennes.
L’autre texte, qui peut aider l’Ukraine à exproprier l’Eglise canonique au profit de cette nouvelle structure, est la loi sur le changement de l’appellation historique de l’Eglise ukrainienne orthodoxe du Patriarcat de Moscou. Les députés, partant du fait que, soi-disant, cette Eglise orthodoxe historique n’est pas ukrainienne mais russe, elle a 4 mois à compter de la publication de la loi pour modifier son appellation en Eglise orthodoxe de Russie. Dans le cas contraire, elle cessera automatiquement toute existence légale en Ukraine.
Evidemment, l’Eglise ukrainienne orthodoxe du Patriarcat de Moscou conteste cette décision, absurde, au minimum car il n’existe pas d’Eglise orthodoxe de Russie en tant que telle, la juridiction du Patriarcat de Moscou dépasse les frontières du pays. Par ailleurs, sans être autocéphale, elle détient une très grande indépendance par rapport au Patriarcat de Moscou, beaucoup plus que n’en possède de Constantinople la nouvelle structure, et est historiquement installée en Ukraine. En revanche, l’on voit très bien la logique américaine, de lier l’Etat et l’Eglise.

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