Ce matin, l’Assemblée Générale des Nations Unies a lancé  « l’Année Internationale des Langues Autochtones » . L’événement a eu lieu dans la salle principale de l’Assemblée Générale des Nations Unies, sous la présidence de María Fernanda Espinosa. Cet événement constitue une étape importante dans le cadre de la promotion et de la protection des droits des peuples autochtones.

La Présidente de l’Assemblée Générale a souligné dans son discours que chaque langue autochtone a une valeur incalculable pour l’humanité.

« Ce sont des trésors chargés d’histoire, de valeurs, de littérature, de spiritualité, de perspectives et de connaissances développées depuis des millénaires, fruit de leur interaction avec la nature : avec les forêts, avec les rivières, avec les mers« .

C’est pourquoi elle a rappelé au monde que lorsqu’une langue s’éteint, elle emporte avec elle toute cette mémoire.

Dans ce contexte, Espinosa a souligné la vulnérabilité à laquelle les langues autochtones sont exposées :

« Beaucoup sont gravement menacées, d’autres sont au bord de l’extinction et plusieurs ont déjà disparu, emportant avec elles des pages d’histoire, de sagesse et de cosmovision pour leurs peuples« .

C’est la raison pour laquelle elle a salué le lancement de « l’Année Internationale des Langues Autochtones » en tant qu’effort mondial visant à inverser la tendance alarmante à l’extinction des langues autochtones, à prêter attention à leur situation critique et à faire tout ce qui est en son pouvoir au sein de la communauté internationale pour les récupérer et les préserver.

« Ce n’est qu’en veillant à ce que tous les peuples, y compris les peuples autochtones et les minorités ethniques, puissent choisir librement d’utiliser leur langue, dans n’importe quel contexte, que nous pourrons construire des sociétés plus démocratiques et plus inclusives« , a déclaré la Présidente Espinosa.

foto_0000000120161220125738Elle a ajouté que cet objectif ne pourra être atteint que si des systèmes éducatifs sont mis en place qui favorisent la langue maternelle, la décolonisation du savoir et la non-discrimination pour des raisons linguistiques.

Au cours de la séance plénière, il y a eu une intervention des différents représentants de chacune des neuf zones socio-économiques de langue autochtone du monde. Parmi eux, le discours du Président de la République plurinationale de Bolivie, Evo Morales, qui a mis à la disposition de l’ONU l’analyse d’un décalogue dans lequel il propose plusieurs mesures pour préserver les langues autochtones.

Dans son discours, le Président Morales a proposé, entre autres actions, la constitutionnalisation dans tous les pays du monde des droits des peuples autochtones, la reconnaissance de la plurinationalité des États, la reconnaissance des langues autochtones comme langues officielles dans les États membres des Nations Unies, le renforcement du système multitaléral de l’UNESCO et la reconnaissance de la sagesse des peuples autochtones comme solution aux grandes menaces contre l’humanité, comme les changements climatiques.

Cette réunion de haut niveau de l’Assemblée Générale des Nations Unies offre aux États Membres et aux parties prenantes concernées l’occasion d’échanger des vues et des pratiques optimales sur la préservation, la promotion et la revitalisation des langues autochtones, et appelle l’attention du monde sur la perte critique des langues autochtones et sur la nécessité urgente de les préserver, les revitaliser et les promouvoir par des mesures nationales et internationales urgentes.

Service de presse

Présidente de la 73e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies

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