L’opposant Juan Guaido, autoproclamé président par intérim du Venezuela, a accusé aujourd’hui l’armée de vouloir « voler » l’aide humanitaire destinée à son pays pour qu’elle soit distribuée par le gouvernement de Nicolas Maduro.

« Nous avons reçu des informations de l’entourage du haut-commandement (militaire) selon lesquelles ils ne sont pas en train de décider s’ils laissent passer ou non (l’aide humanitaire), mais comment ils vont la voler », a déclaré l’opposant lors d’une conférence de presse à Caracas, au cours de laquelle il a remercié les 19 pays européens qui l’ont officiellement reconnu lundi. « Ils vont la confisquer pour la distribuer à travers les CLAP », a-t-il accusé, en référence à un programme du gouvernement de vente d’aliments à des prix subventionnés dans les quartiers populaires.

L’opposant, qui accuse Maduro d’être un « usurpateur » et conteste le résultat de l’élection à l’issue duquel le dirigeant socialiste a été réélu pour un deuxième mandat, en a appelé à « la conscience des militaires » pour qu’ils laissent passer les vivres et les médicaments, alors que le pays, jadis le plus prospère d’Amérique latine, est frappés par de graves pénuries. Juan Guaido a confirmé que de l’aide humanitaire était collectée en Colombie et au Brésil, deux pays frontaliers avec le Venezuela, et dans une île des Caraïbes dont le nom n’a pas été révélé. Les États-Unis ont indiqué ce week-end qu’ils participeraient au transport de l’aide à la demande du chef de l’opposition.

Le président Maduro a refusé à plusieurs reprises l’envoi de toute aide humanitaire au Venezuela, un moyen, selon lui, de faciliter une invasion militaire menée par les Etats-Unis pour le renverser. « Vous voulez transformer notre patrie en une colonie de mendiants ? Nous rejetons le spectacle bon marché de l’oligarchie », a-t-il répété aujourd’hui. Selon Juan Guaido, cette aide sera destinée dans « une première étape » aux « habitants les plus pauvres », soit entre 250.000 et 300.000 Vénézuéliens qui sont, selon lui, « en train de mourir » de malnutrition et faute de médicaments. Il a également appelé à une « grande mobilisation pour protéger cette aide humanitaire ».

Dans son bras de fer avec Nicolas Maduro, le président du Parlement, 35 ans, soutenu par Washington, une douzaine de pays d’Amérique latine et désormais une grande majorité de pays européens, a appelé à plusieurs manifestations contre le gouvernement depuis le 21 janvier. Ces mouvements de protestation ont fait 40 morts et 850 personnes ont été arrêtées, pendant la première semaine de manifestations, selon l’ONU.

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