Plusieurs pays-membres de l’UE ont reconnu Juan Guaido comme «Président par intérim» du Venezuela, niant ainsi les résultats de l’élection remportée par Nicolas Maduro. Le 4 février a expiré l’ultimatum de ces États réclamant l’annonce d’une nouvelle présidentielle vénézuélienne. Un analyste latino-américain commente la situation.

L’Union européenne n’a pas de politique étrangère cohérente et ne fait que suivre celle que désigne Donald Trump, a estimé dans un entretien accordé à Alejandro Fierro, du Centre stratégique latino-américain de géopolitique (CELAG), évoquant les derniers événements concernant la situation au Venezuela et autour de ce pays.

«Il ne s’agit pas du chavisme ni du soutien ou non de Guaido. C’est l’essence même de la démocratie qui est en jeu au Venezuela. Et qu’en est-il de ces plus de neuf millions de personnes qui se sont rendues aux urnes le 20 mai [lors de l’élection présidentielle au Venezuela, ndlr]?», a poursuivi l’interlocuteur de l’agence.

Et d’ajouter qu’on voyait se répéter en Europe la situation qui s’était créée dans plusieurs pays d’Amérique latine du Groupe de Lima qui interviennent contre Nicolas Maduro.

«Il s’agit notamment de se servir de fantômes étrangers pour dissimuler les problèmes intérieurs dans chacun de ces pays», a expliqué l’analyste.

Selon ce dernier, les gouvernements des pays qui reconnaissent Juan Guaido comme «Président par intérim» du Venezuela sont confrontés à de très graves problèmes intérieurs.

«En même temps, le chavisme demeure une immense puissance politique qui bénéficie du soutien bénévole de millions de personnes dans le pays […], force avec laquelle on doit toujours compter», a prévenu Alejandro Fierro.

L’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice» du pays et a prêté serment pendant une manifestation à Caracas. Donald Trump l’a reconnu comme «Président par intérim».

Nicolas Maduro a estimé que les États-Unis avaient essayé d’organiser un coup d’État au Venezuela et a rompu les relations diplomatiques avec ce pays le 23 janvier. Il a qualifié M.Guaido de Président non constitutionnel.

Plusieurs pays-membres de l’UE, dont ont reconnu lundi Juan Guaido comme «Président par intérim» du Venezuela.

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