Les services de renseignement israéliens, britanniques et américains auraient exfiltré un scientifique nucléaire iranien de Téhéran en le cachant entre autres parmi des réfugiés. Deux analystes iranien et israélien ont commenté cette information d’un média britannique.

Selon le Sunday Express, édition dominicale du Daily Express, le Mossad, le MI6 et la CIA ont coopéré à l’exfiltration d’un scientifique nucléaire iranien de Téhéran, qui a ensuite obtenu l’asile aux États-Unis, en échange de précisions sur le programme nucléaire iranien. Avant de prendre son vol vers l’Amérique, l’homme non identifié aurait été emmené à Londres, dans l’obscurité, aux côtés de 12 migrants iraniens.

Ce genre d’information n’est sans doute rien d’autre qu’une fuite qui rappelle bien un roman d’espionnage, a déclaré Hassan Behestipour, observateur politique du canal anglophone de la chaîne de télévision iranienne Press TV, qui avait suivi de très près les événements autour du programme nucléaire de l’Iran.

«Il y a déjà eu par le passé des cas pareils quand on mettait la main sur des espions israéliens […]. De telles publications paraissaient périodiquement pour affirmer que, sur la base de l’information fournie par cet individu, on pouvait parler de fuite de données secrètes de l’Iran. Auparavant également, ce genre d’activité avait été mené. Néanmoins, à l’heure qu’il est, le programme nucléaire de l’Iran est absolument transparent et contrôlé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)», a rappelé l’Iranien.

Et d’admettre toutefois que la présence d’espions israéliens en Iran et l’implication de l’État hébreu dans l’espionnage du programme nucléaire iranien ne faisaient aucun doute.

«Il est déjà arrivé par le passé des cas pareils, couverts par la presse occidentale, mais cela ressemble plus à un roman d’espionnage qui n’a rien à voir avec la réalité», a résumé M.Behestipour.

Quoi qu’il en soit, Simon Tsipis, de l’Institut d’étude de la sécurité national (INSS) de Tel Aviv, ne croit pas qu’il s’agisse là d’une histoire montée de toute pièce.

«Ce scientifique iranien n’a pas été enlevé, mais justement exfiltré à sa demande et face à la menace de divulgation de l’information, selon laquelle il avait collaboré de longues années durant avec le Mossad et l’avait même aidé à liquider des atomistes iraniens», a indiqué l’expert.

Et d’ajouter que le Mossad avait également d’autres «ressources humaines» engagées dans le programme nucléaire iranien.

«On ne doit pas oublier non plus qu’avant la révolution islamique de 1979, l’Iran et Israël avait été de très proches alliés. Il existait alors des liens très sérieux entre leurs services de renseignement, militaires, hommes politiques et diplomates. De tels contacts ne peuvent pas être rompus du jour au lendemain, et ils n’ont pas disparu», a poursuivi M.Tsipis.

Selon ce dernier, aujourd’hui, les idées de la révolution islamique de 1979 ne sont pas soutenues pour tous les Iraniens, loin de là.

«Comme dans n’importe quel État, que ce soit une démocratie ou une dictature, il y a là une opposition. La seule différence est que dans un pays démocratique, l’opposition est ouverte, alors que sous la dictature, elle est clandestine», a rappelé le spécialiste.

Il a par ailleurs relevé que les services de renseignement d’autres pays, tels que le MI6 britannique, la CIA états-unienne et la DGSE française, pouvaient bien aider le Mossad israélien à «infiltrer» le programme nucléaire iranien.

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