Qualifiant de «menaces» les propos de Vladimir Poutine concernant la situation qui s’est nouée autour du Traité FNI, le porte-parole adjoint de l’Otan Piers Cazalet a déclaré que l’Alliance était en mesure de donner à la Russie une réponse «unie et mesurée».

L’Alliance du Traité Nord-Atlantique a réagi à la déclaration de Vladimir Poutine qui a souligné aujourd’hui, lors de son adresse à l’Assemblée fédérale, que la Russie serait contrainte de prendre des mesures symétriques si les États-Unis déployaient en Europe leurs missiles capables d’atteindre Moscou.

«Nous avons pris connaissance du discours du Président prononcé le 20 février. Les déclarations russes contenant des menaces de cibler les alliés [de l’Otan, ndlr] sont inacceptables. Nous exhortons la Russie à veiller à ce que le Traité FNI soit de nouveau respecté», a déclaré le porte-parole adjoint de l’Otan Piers Cazalet.

Selon lui, l’Otan ne veut pas «une nouvelle course aux armements».

«Les alliés ont à plusieurs reprises appelé la Russie à détruire ses missiles à portée intermédiaire. L’Otan évalue les conséquences de la violation par la Russie du FNI. Comme l’a souligné clairement le secrétaire général de l’Otan, toute réponse sera unie et mesurée et l’Otan n’envisage pas de déployer d’arme nucléaire basée au sol en Europe», a-t-il ajouté.

Position russe

S’exprimant mercredi devant l’Assemblée fédérale, Vladimir Poutine a attribué à Washington la responsabilité du non-respect du Traité FNI, ajoutant que l’administration américaine «cherchait à se justifier et à désigner les coupables».

Le Président a souligné que la Russie n’envisageait pas d’être la première à installer ses missiles en Europe mais si les États-Unis déployaient leurs armements sur le continent, ce geste «aggravera[it] brutalement la situation en matière de sécurité internationale et créera[it] des menaces graves pour la Russie».

Il a rappelé qu’il suffisait de 10 à 12 minutes à certains types de missiles pour atteindre Moscou. «Dans ce contexte nous serions contraints — je souligne que nous serions justement contraints — de prendre des mesures symétriques et supplémentaires».

Selon Vladimir Poutine, dans ce cas-là, les armes russes pourraient être utilisées non seulement contre les zones d’où provient une menace directe, mais également contre celles où se trouvent des centres qui prennent des décisions sur l’utilisation des systèmes de missiles contre la Russie.

Pour rappel, Donald Trump a annoncé le 1er février que les États-Unis cesseraient dès le lendemain de respecter le Traité FNI, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, et qu’ils s’en retireraient officiellement au bout de six mois, sauf si Moscou cessait de violer l’accord. Le ministère russe des Affaires étrangères a accusé les États-Unis de tester des systèmes interdits par le Traité FNI, ainsi que de déployer des systèmes de lancement Aegis sous la forme de l’ABM sur le territoire européen, qui peuvent en quelques heures se transformer d’un mécanisme défensif en arme d’attaque.

Vladimir Poutine a indiqué le 2 février que la Russie suspendait aussi sa participation au Traité en réponse au retrait unilatéral des États-Unis. Il a noté que Moscou ne se laisserait pas entraîner dans une nouvelle course aux armements onéreuse avant d’ajouter que toutes les propositions russes sur le désarmement restaient «sur la table» et que les portes restaient «ouvertes».

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