Analysant les résultats de la Conférence sur la sécurité de Munich, certains médias américains, allemands et français ont constaté que les divergences qui existaient entre l’Europe et les États-Unis s’étaient encore accentuées et que les relations transatlantiques continuaient à se dégrader.

Dans le discours qu’elle a récemment prononcé lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, Angela Merkel a critiqué plusieurs aspects de la politique de l’administration de Donald Trump et réaffirmé le cap européen mis sur le multilatéralisme. Ces propos de la chancelière allemande et le discours du vice-Président américain Mike Pence sur le «leadership américain» ont donné l’occasion à nombre de médias américains, allemands et français de constater les désaccords existants entre les États-Unis et l’Europe.

Ainsi, selon le New York Times, qui a jugé que le discours de la chancelière allemande était «inhabituellement passionnant», les propos tenus par Angela Merkel et Mike Pence rappelaient à «quel point l’Europe et les États-Unis étaient éloignés l’un de l’autre sur de nombreux problèmes mondiaux».

Pour Der Spiegel, le message de Mike Pence sur «un nouveau leadership américain sur la scène mondiale» sonnait comme quelque chose en provenance d’un «monde parallèle étrange» et avait «peu de choses en commun avec la réalité».

The Washington Post s’est montré aussi sceptique quant au fait que les relations américano-européennes pourraient «s’améliorer dans un avenir proche». L’éditorialiste du quotidien Henry Olsen estime que tout Président républicain mènerait une politique similaire envers l’Europe et même un démocrate à la Maison-Blanche aurait du mal à réduire la fracture des relations bilatérales, étant donné que l’expression «leadership américain» est perçue différemment des deux côtés de l’Atlantique.

«Notre mariage avec l’Europe bat de l’aile, peu importe qui nous conduit. Sans communication sérieuse et difficile et sans compromis des deux côtés, un nouvel éloignement est plus probable qu’un dévouement renouvelé», a conclu le journaliste.

À l’issue de la Conférence de Munich, Le Monde constate également «la dégradation spectaculaire des rapports entre l’Europe et les États-Unis sur plusieurs dossiers cruciaux, dans une atmosphère de plus en plus acrimonieuse et sur fond de dislocation de l’ordre international».

Toujours selon le Monde, «le discours moralisateur» de Mike Pence «mêlant admonestations et reproches, sans même s’encombrer des habituelles fioritures transatlantiques sur la solidité des engagements des États-Unis à l’égard de leurs alliés ou au sein de l’OTAN, a reçu un accueil glacial».

En même temps, Angela Merkel a réussi a donné «la riposte, dans un discours d’une fermeté sans précédent à l’égard des États-Unis». Le fait que Washington a reçu cette riposte de la part de l’Allemagne, son allié le plus fidèle depuis plus d’un demi-siècle, en dit long sur l’état délétère des relations transatlantiques, conclut le quotidien français.

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