Dans son émission « Nouvelles de la semaine » de la chaîne de télévision russe Russia-1, Dmitry Kisselev, le chef de la propagande du Kremlin, a présenté les cibles possibles du missile hypersonique russe Zirkon aux États-Unis. Dans l’histoire présentée par Kisselev, des missiles Zircon sont lancés à partir de sous-marins russes à 400-500 km de la côte américaine.

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Un peu plus tôt, le président Vladimir Poutine a déclaré que Moscou était militairement prête à une crise du type de celle des « missiles cubains » si les États-Unis le voulaient.

En règle générale, les Russes ne nous disent jamais que la moitié de la vérité, l’autre moitié provient souvent des services de renseignements américains. Nous suspectons qu’une partie de cette moitié de vérité non dite se trouve sur la carte publiée dans « Moskovskij Komsomolets » par le fondateur du magazine russe « Arsenal de la Patrie », le colonel Viktor Murakhovsky.

 

Sur la carte illustrée, on peut voir que les cibles américaines de la côte atlantique sont touchées par des missiles Zircon tirés à partir des sous-marins russes. Alors que des cibles de la côte du Pacifique sont touchées par des missiles Zircon lancés depuis des sites terrestres directement depuis la Russie.

Jusqu’à présent, la Russie a déclaré que le Zircon 3M22 avait une autonomie de 1 000 km et une vitesse de 9 Mach (11 000 km / h). Le système Zircon a une longueur de 10 m, dont une fusée de 6,5 m qui le fait accéder au plafond de croisière. Le moteur est un statoréacteur, fonctionnant avec de l’air et 50 kg d’hydrogène liquéfié. La carte confirme la modification par les Russes du système de zircon, résultant en une nouvelle variante, zirkon 2,0.

La sortie des Américains de l’INF et le positionnement imminent de ses missiles en Europe permettent à la Russie de mettre en mode opérationnel les missiles de portée moyenne ou intermédiaire.

La trajectoire balistique d’un missile de moyenne portée ou de portée intermédiaire se situe à une altitude maximale de 300 à 800 km. Mais le système Zirkon ne nécessite qu’une altitude de croisière de 60 km. C’est pourquoi, comme nous l’avons déjà dit, un missile moyenne portée ou de portée intermédiaire peut transporter 3-4 systèmes Zirkon, chacun disposant d’une réserve de carburant multipliée par 5 (250 kg d’hydrogène liquide) et d’un rayon d’action de 4 600 à 6 200 km.

Sur la trajectoire de la côte du Pacifique, les systèmes Zircon sont à portée du système anti balistique américain GMD de la base aérienne de Vandenberg en Californie et du Fort Greely en Alaska. Mais ce système américain ne peut intercepter que des missiles balistiques dans l’espace ; pas le Zircon volant à une altitude de 60 km.

Nous rencontrons la même situation avec les systèmes navals anti balistiques AEGIS utilisant les missiles SM-3 / 1b et SM-3/2. Ces missiles sont utilisés pour les boucliers en Roumanie et en Pologne. Et ces boucliers sont inutiles devant le système Zircon 2.0.

En fait, nous avons déjà dit que la Russie n’avait pas besoin de frapper le bouclier ABM américain de Deveselu, même si celui-ci était également équipé de missiles de croisière Tomahawk. En effet, les missiles anti balistiques sont inutiles et les Tomahawk sont détectés dès leur lancement, suivis et frappés dès leur sortie des eaux territoriales roumaines.

Dans quelques mois, nous pourrions assister à des tests du système Zircon 2.0, diffusés sur toutes les chaînes de télévision en Russie. La trajectoire étant choisie avec ostentation dans l’océan Pacifique pour que le public américain soit convaincu que le système zircon 2,0 est destiné au territoire des États-Unis.

Les États-Unis sont la superpuissance militaire du monde. Ils comptent plus de 80 sous-marins nucléaires, 100 grands navires de surface, de type croiseur ou destroyer, 50 porte-avions et porte-hélicoptères, 500 avions invisibles F-22, F-35, B-2. Chacune de ces armes a un prix 3 à 1 000 fois supérieur à celui du Zircon et constitue une arme offensive, c’est-à-dire inutile pour la défense du territoire américain.

Fondamentalement, les petits enjeux tels que la Syrie, l’Ukraine, la Pologne, les pays baltes ou la Roumanie importent peu maintenant, tant que la Russie menace le cœur même de l’Amérique. La situation est sans précédent. Au cours des trois dernières décennies, la Russie n’a jamais menacé le territoire américain avec des armes pour lesquelles il n’y a pas d’antidote. Mon opinion est que, maintenant que les Américains sont tombés dans leur propre piège, la Russie ne sera plus intéressée par aucun nouveau traité INF.

Cependant, la presse américaine a passé le sujet sous silence et le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, l’a qualifié de « fanfaronnade » destiné à diviser les alliés occidentaux.

Tout cela vient du fait que l’ambition du leadership politico-militaire américain, soutenu sans réserve par ses vassaux, les États européens membres de l’OTAN, a voulu rompre le vieux traité INF, afin d’en créer un plus commode pour les États-Unis, et dans lequel la Chine est incluse. En comptant sur la faiblesse ou la complicité de la Russie.

Seul un groupe de mégalomanes irresponsables peut penser pouvoir tromper le président Vladimir Poutine. Surtout que, après la fermeture de l’ensemble du marché américain et européen pour la Russie, ils ont imposé des sanctions draconiennes et déplacé la limite de l’OTAN aux frontières de la Russie.

Dès leur honteuse sortie de l’INF, les États-Unis ont convoqué l’Union Européenne pour débattre d’un nouveau mécanisme de contrôle des armements post-INF à Berlin. Les Européens qui manquent d’instinct de préservation ne sont nullement préoccupés par le retour des missiles nucléaires américains sur le continent.

Au lieu de cela, ils s’inquiètent à cause d’un pays situé à 8 000 km de l’Europe. C’est-à-dire, la Chine qui ne fait partie d’aucun traité sur la limitation des armes nucléaires. Pas un mot sur l’Angleterre, Israël et d’autres États détenant de telles armes.

Les États-Unis savent que 95% de l’arsenal chinois est terrestre et s’inscrit dans l’interdiction imposée par INF, c’est-à-dire que son rayon d’action est compris entre 500 et 5 500 km. Dans le même temps, les États-Unis ne veulent pas accepter le fait que les boucliers anti balistiques en Corée du Sud, en Roumanie et en Pologne constituent un paravent pour les missiles de croisière Tomahawk basés au sol, lancés à partir des mêmes missiles Mk-41 VLS qui lancent des missiles anti balistiques.

C’est la raison pour laquelle la Chine, comme la Russie, n’acceptera jamais de se désarmer face à une invasion américaine prévisible, car son seul moyen de dissuasion est constitué de ses missiles nucléaires basés au sol.

Auteur : Valentin Vasilescu

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