«Salisbury: questions sans réponses» est le titre d’un rapport rédigé par l’ambassade de Russie à Londres sur l’affaire Skripal, qui rappelle qu’un an après les faits, Londres n’a toujours pas fourni de version officielle et qui attire l’attention sur les lacunes et les incohérences de la position du Royaume-Uni.

L’ambassade de Russie à Londres a établi un rapport intitulé «Salisbury: les questions sans réponses» à l’occasion du premier anniversaire de l’empoisonnement d’un ex-agent du GRU, Sergueï Skripal, et de sa fille, Ioulia.

Les experts russes citent la chronologie des évènements, les démarches des deux parties, la réaction internationale et le déroulement de l’enquête, ainsi que des extraits du courrier diplomatique entre la Russie et le Royaume-Uni. Ils attirent également l’attention sur les lacunes et les incohérences de la position de Londres dans cette affaire.

Ainsi, le Royaume-Uni accuse Moscou d’avoir étudié au cours des 10 dernières années «les vecteurs d’agents paralytiques en vue de meurtres» et de «posséder de petites réserves» de l’agent innervant A-234 nommé «Novitchok» en Occident. Or, la Russie a cessé la fabrication d’armes chimiques en 1992, tandis que les réserves accumulées ont été détruites sous le contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), dont le Royaume-Uni est membre, précise le rapport.

«Il est impossible de comprendre pourquoi le Royaume-Uni n’a pas soulevé la question en 2017 si elle possédait des informations selon lesquelles la Russie fabriquerait des agents chimiques militaires en violation de ses engagements. Il n’est pas clair de savoir quelles sont les informations dont dispose le Royaume-Uni et comment il est arrivé à la conclusion au sujet de l’objectif de cette supposée fabrication», a noté l’ambassade russe.

Le document rappelle différentes «théories» des médias britanniques au sujet de cette affaire, comme quoi le poison aurait pu être acheminé par drone, ajouté aux plats, pulvérisé dans la rue ou appliqué sur la poignée de porte de la voiture de Skripal.

L’ambassade fait remarquer qu’un an après les faits, Londres n’a toujours pas fourni de version officielle. Qui plus est, la partie britannique empêche par tous les moyens une enquête objective, détruit les pièces à conviction et refuse aux diplomates russes l’accès consulaire à Sergueï et Ioulia Skripal.

En fin de rapport, l’ambassade énumère un grand nombre de questions qu’elle a adressées à la partie britannique sans jamais recevoir de réponses. Il s’agit notamment de l’état de Sergueï et Ioulia Skripal, de leur traitement, de leurs déclarations après qu’ils ont quitté l’hôpital et de l’étude de l’agent toxique par Londres. Les diplomates déclarent également ne pas comprendre pourquoi d’autres pays, notamment la France, participent à l’enquête sur l’empoisonnement de citoyens russes.

L’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été empoisonnés en mars 2018 à Salisbury et retrouvés inconscients aux abords d’un centre commercial. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d’être derrière cet empoisonnement.Le 5 septembre, le parquet britannique a formulé contre les Russes Alexandre Petrov et Rouslan Bochirov plusieurs chefs d’accusation, notamment de tentative de meurtre sur les personnes de Sergueï et Ioulia Skripal, ainsi que sur celle du policier britannique Nick Bailey. La Première ministre britannique a affirmé que les deux suspects étaient des hommes du GRU sans pour autant présenter de preuves pour appuyer ces allégations.

Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré pour sa part que les noms et photos des deux suspects ne prouvaient rien et que l’enquête sur des crimes aussi sérieux exigeait une analyse scrupuleuse et une coopération très étroite entre les structures de maintien de l’ordre des deux pays.

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