Boeing chutait de plus de 12% lundi dans les échanges électroniques précédant l’ouverture de la séance à Wall Street, affecté par l’immobilisation de 737 MAX 8 notamment en Chine et en Indonésie, au lendemain d’un crash d’un appareil de ce type en Ethiopie.

L’action dévissait de 12,26 % à 370,86 dollars vers 12H47 GMT, entraînant dans son sillage le Dow Jones, l’indice vedette de la Bourse de New York.

Si cette tendance se confirme à l’ouverture, Boeing aura perdu près de 30 milliards de dollars de capitalisation boursière en une séance. Ce serait la plus forte chute boursière de Boeing en une séance depuis le 17 septembre 2001 (après la réouverture des marchés suite aux attentats du 11 septembre).

L’Indonésie a décidé lundi d’immobiliser sa flotte de Boeing 737 MAX 8, après des annonces similaires en Ethiopie et en Chine. Cette dernière a pris livraison d’un tiers des 737 MAX produits jusqu’à présent.

Un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé dimanche au sud-est d’Addis Abeba peu après le décollage, tuant les 157 passagers et membres d’équipage.

C’est ce même modèle, version remotorisée du 737, qui s’était abîmé en mer en Indonésie fin octobre, entraînant la mort des 189 personnes à bord, là aussi quelques minutes après le décollage.

A l’époque, Jakarta n’avait pas jugé utile d’immobiliser ses appareils, même si, depuis l’accident de Lion Air, le 737 MAX suscite de nombreuses interrogations dans la communauté aéronautique.

Il est particulièrement rare qu’un nouveau modèle enregistre deux accidents mortels en peu de temps. Boeing se refuse pour l’instant à prendre des mesures, se contentant juste d’envoyer des personnels pour aider à l’enquête.

Vache à lait de Boeing, le 737 MAX est entré en service en mai 2017 et plus de 350 exemplaires volent actuellement.

Il est assemblé à l’usine Boeing à Renton dans l’Etat de Washington (ouest) et Boeing prévoit d’en augmenter la cadence de production, pour la passer à 57 appareils par mois cette année contre 52 pour le moment.

Fin janvier, il ne restait plus que 46 737 NG, le vieux modèle, à fabriquer, tandis que le MAX présentait un carnet de commandes de 4.661 exemplaires.

L’appareil fait également partie des négociations commerciales en cours entre les Etats-Unis et la Chine, Washington poussant Pékin à en passer de nouvelles commandes, selon la presse américaine.

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